Orionis Etymol., au mot Γρυπός, p. 41, éd. Sturz
M. Cramer', analysant une objection d'Hérodien contre Apollonius, sesert précisément du mot ἔλέγγ ειν. Hérodien avait encore écrit, sous le titre de Συμπόσιον ou Banquet, un livre qui devait avoir la forme de dialogue, et qui certainement , à en juger par les nombreux extraits que nous en ἃ conservés le grammairien Orion, était plein de petites discussions grammaticales. C'est peut-être dans un de ces deux écrits, ou dans tous les deux, que se lisaient les doctes disputes d’Apollonius avec son fils. D'ailleurs, on voit par le titre et les fragments des ouvrages perdus d'Hérodien, que ce savant suivait pas à pas dans l’exposition des doctrines grammaticales, sinon les opipions, du moins la méthode d’Apollonius. Les œuvres du pére et celles du fils formaient comme deux séries parallèles décrits sur les mêmes matières. Hérodien avait donc de fréquentes occasions de reprendre les idées d’Apollonius, soit pour les confirmer, soit pour les contredire, et il semble même, par certains témoignages, qu'il les contredit quelquefois avec raison.
Peut-être aussi, car il est d'une bonne critique de faire toutes ses réserves en des questions si délicates, peut-être le livrequ'avaientsous les yeux les scholiastes du moyen âge, était-il quelque manuel de grammaire, écrit longtemps après la mort d’Apollonivus et d'Hé-
1. Anecd, Oxon., τ. IV, p. 395 : Ἐλέγχει δ᾽ αὐτὸν ὁ Ἣ ρωβδιανός
2. Chæroboscus, ap. Bekk. #necd. gr., p. 1283, 1289, 1290; Id., ap. Bekk. ad Apoll, Synr., p. 418, 419 ; Theodosius, /bid., p. 405; Schol Ven ad J1.,K,67; Etrmol, magnum, s. v. Véov, Edre, Ἴξον, Τριστάται, Ἰρήματα; Gramm, ap. Cram A#need. Oron., ἃ, II, p. 342, 468 ; τ. I, p. 268, 269; €. IV, p. 354, 358, 359, 395; Anecd. Paris. , t. IL, p. 12, 498.
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rodien , et dont l’auteur avait eu l’idée, souvent reproduite depuis, de mettre en scène les deux maîtres dela science, pour donner plus d'intérêt et d'autorité à son ouvrage. La popularité d’Apollonius et d'Hérodien fut immense, à ce qu’il semble, durant tout le moyen âge, non-seulement dans les écoles de la Grèce et de Rome, mais dans tout l'Orient. On en retrouve des traces jusque chez les Arméniens, dont le zèle pour les lettres grecques ἃ sauvé jusqu'à nous tant de précieux débris de l'antiquité : selon le grammairien Jean Ézengatzy, auteur du rv° siècle de l'ère chrétienne, Hérodien , devenu tout puissant auprès de l'empereur, et « voulant que les ouvrages de son père fussent les seuls qui parvinssent à la postérité, fit brûler tous les autres, encore bien qu'ils renfermassent une immense quantité de recherches précieuses.... Cependant l’abrégé de la Grammaire de Denys le Thrace, échappa à cette destruction et fut réservé pour l'instruction de la Jeunesse. » Naïve légende, qui ne saurait être sérieusement discutée, mais qui prouve du moins à quel point deux simples philologues avaient pu frapper l'imagination de ce peuple des écoles par le souvenir de leur laborieuse vie.
D’autres livres , sur des matières analogues, sont cités cà et là dans les commentateurs et les scholiastes, sous le nom d’un Apollonius. Mais il serait téméraire de les rapporter, d’après la seule ressemblance du nom, à notre Apollonius Dyscole ; car ce dernier a eu
4. Grammaire de Denys le Thrace, publiée en grec, en armenien ef en français, par Cirbied, t. VI des Mémoires de la Société des Antiquaires, p. 19.
beaucoup d'homonymes, parmi lesquels nous citerons, Comme ayant pu être quelquefois confondus, soit entre eux, soit avec le Dyscole, dans les citations des grammairiens :
1° Apollonius de Rhodes, l'auteur des #rgonautiques, philologue non moins que poëte, et l'un des maîtres les plus célèbres du Musée d'Alexandrie*.
2° Apollonius, cité, avec Comanus, par Apollonius Dyscole dans le livre sur la Conjonction, et qui, dans cette citation unique, semble désigné commeantérieur à Tryphon, c'est-à-dire au siècle d'Auguste*. Il n’est peut-être pas distinct du suivant.
3° Apollonius, fils d'Archibius ou d’Archébulus, quelquefois cité avec cette mention formelle du nom de son pere, par les grammairiens*.
4° Apollonius, que cite une fois Hérodien, dans son traité περὶ Μονήρους λέξεως", sans indiquer que cet Apollonius fût son propre père.
5° Apollonius, que Porphyre nomme son mattre, en le citant à propos d’une opinion sur le texte d'Homére*.
1. A. Weichert : Ucber das Leben und Gedicht des Apollonius von Rhodus (Meissen, 1821), p. 90,
2. P.496 : Τρύφων..... ὁμοίως τοῖς περὶ Ἀπολλώνιον xai Κωμανὸν καὶ σχεδὸν ἅπασι σύνδεσμον ἐχδεχόμενος, etc. Sur ce Comanus, voyez plus bas, p. 92, note 2,
3. Etymologicon d'Orion, pp. 181,187, et Cramer, Anecd. Paris., τ. IV, pp. 60, 186, 188 ; Photi Lericon, s. v. Μετά.