‹ Apollonius DyscoleChapitre 6 sur 90 · CHAP, I. S · texte numérisé non relu

CHAP, I. S

Son père se nommait Mnésithéus, et sa mère Ariadne. Il habitait, dans sa ville natale , le quartier du Bruchium ou Pruchium, près de l'Hippodrome et du célèbre Musée. On rapporte que, vu son extrême pauvreté, ne pouvant acheter ni papyrus ni parchemin, il écrivait ses ouvrages sur des morceaux de poterie. C'est là sans doute un de ces contes que la crédulité populaire accueille facilement au sujet des grands hommes. On sait que, vers le même temps, dans la haute Égypte, les soldats cantonnés sur la frontière barbare, donnaient souvent, faute d’autre papier, le recu de leur solde sur des fragments de de terre cuite : un bon nombre de ces petits monuments sont parvenus jusqu'à nous *, mais comment croire qu'un habile et savant grammairien, au centre même et comme au foyer de la philologie alexandrine, ait pu souffrir à tel point de l’indigence ? Comment surtout croire que ses volumineux ouvrages aient pu être d'abord écrits sur une matiére aussi incommode et aussi embarrassante que des fragments de poterie ?

Apollonius fut surnommé /e Dyscole , c'est-à-dire le difficile. Les grammairiens ne savent quelle explication donner de ce surnom. Les uns disent qu’il le doit à l'obscurité de son style; les autres, que le mot vient de cet usage, alors commun, de poser,

1. M. Græfenhan (livre cité, p. 70) raconte qu’Apollonius séjourna quelque temps à Rome et revint ensuite à Alexandrie; cette assertion, qui se retrouve dans d’autres ouvrages , paraît reposer sur un passage de la deuxième notice, où les mots ἀφίxero δὲ ἐς Ρώμην x. +. À. ne se rapportent pas à Apollonius, mais à Hérodien.

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