‹ Apollonius DyscoleChapitre 7 sur 90 · Voy. Corpus Inser, Græc,, n. 5109 et suiv · texte numérisé non relu

Voy. Corpus Inser, Græc,, n. 5109 et suiv

dans les doctes réunions des philologues, certaines questions obscures dont la discussion exerçait leur sagacité. Enfin on allègue le caractère morose d'Apollonius, hypothèse qui semble tout d'abord confirmée par l'anecdote que raconte une de nos trois notices ; car, selon l’auteur anonyme de cette notice, Hérodien , fils d’Apollonius, et qui devait étre lui- -même un grammairien illustre, fut de bonne heure réduit à quitter la maison paternelle, soit à cause de la dureté avec laquelle le traitait son pére‘, soit par suite des mauvais procédés d'une marätre. Mais sans recourir à ces traditions douteuses, il suffit d'ouvrir les écrits d'Apollonius pour comprendre d'où lui est venu son fächeux surnom : en effet, Appollonius discute beaucoup avec ses confrères les grammairiens, et presque tous il les maltraite du ton le plus méprisant : « C'est là une naïveté » ou bien « une niaiserie ; » « il est tout à fait violent » ou « il est ridicule de croire que, etc., » « il est superflu d'argumenter plus longtemps contre des puérilités *; » telles sont les formes habituelles de sa polémique. Et comme il ne paraît pas qu'Apollonius distingue à cet égard entre les morts et les vivants, comme parmi les morts qu'il attaque il y en a de fort honorés dans l'École, on ne s’étonnera pas que cette mauière in-

1. Διὰ τὸ ἐχείνου σχληρόν. On lisait autrefois διὰ τὸν οἰχεῖον χλῆρον, qui n'offrait presque aucun sens dans cet endroit.

2. Πάνυ εὔηθες, du Pron., p. 114. CE. p. 43 et 100. Kai τοῦτο ληρῶδες, ibid., p. 41: Srat., UE, 32. Πάνυ ἐστὶ βίαιον τὸ παραδέξασθαι, de l'Ade,, p. 375. Cf. p. 001; du Pron. p.114, Πῶς οὐ γελοῖον αἰτεῖσθαι, etc., de l'Ade., p. 569-571; ὅνδε, HE, 30. ΠΕ ρισσὸν ἡγητέον πρὸς εὐήθεις ὑπολήψεις ἀντιλέγειν, Syar., IE, 19. On pourrait multiplier ces exemples.

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jurieuse de les réfuter lui ait fait beaucoup d’ennemis, et il fallait que, comme savant, son mérite fût bien réel pour triompher des justes antipathies que devait exciter un pareil caractère.

On ne sait pas quels furent, à proprement dire, les maîtres d’Apollonius. Tryphon est le seul auquel je vois qu'on ait donné ce titre‘; mais s'il est vrai que Tryphon ait vécu au temps d’Auguste, comme le veut Suidas, il n’a pu servir qu'indirectement de guide ou de modèle à notre grammairien. Il paraît, en effet, avoir écrit un ensemble de traités analogues pour le plan à ceux d’Apollonius. À défaut d’autres renseignements sur ce sujet, on peut du moins rétablir, avec quelque vraisemblance, la série des grammairiens qui rattachent Apollonius aux chefs les plus illustres de l’érudition alexandrine ὃ. Ce sont, pour commencer par ses contemporains : Philon de Byblos et Ælius Dionysius d’Halicarnasse, Séleucus et Nicanor, tous deux d'Alexandrie ; Ptolémée Chennus, fils d'Héphestion ; Épaphrodite de Chéronée, Denys d'Alexandrie, Héraclide de Pont, Antéros, sur-

1. Gramm. anonyme dans Cramer, Anecd. Oxon., t. INT, p. 269 : Σημείωσαι ὅτι τὸ ἐσσί σχηματίζεται ὁ 'Γρύφων καὶ 6 τούτοῦ μαθητὴς ᾿Απολλώνιος χαὶ 6 τοῦ ᾿Απολλωνίου υἱὸς ὃ Ἣρωδιανός, ἀπὸ τοῦ εἰμί. Voyez, pour plus de détails : Tryphonis grammatici Alexandrini fragmenta collegit et disposuit A. de Velsen. Accedit Tryphonis cbservatio Περὶ τοῦ P ποῦ δασύνεται at ποῦ ψιλοῦται nunc primum e codice Vindobonensi edita, Berolni, 1853). M. M. Schmidt, de Tryphone Alexandrino Commentatio, Olsnæ, 1851, p. 11, signale aussi cette difficulté de chronologie, mais sans essayer même de la résoudre.

2. Je réunis ici, en les coordonnant de mon mieux, les indices chronologiques que renferment les notices de Suidas sur ces grammairiens.

nommé aussi Apollonius, disciple d’Apion ; Claudius Didyme, ou Didyme le Jeune; Apion, disciple de Didyme l'Ancien et successeur de Théon, qui luimême était peut-être le père d’Antéros Apollonius ; Didyme l'Ancien, surnommé Chalkentère et célebre par le nombre immense de ses écrits; Apollonius, fils d'Archibius ou Archébulus , qui parait être l'auteur d’un Lexique Homérique parvenu jusqu'à nous; Habrou, disciple de Tryphon; Tryphon, qui est formellement cité comme le représentant de l'école d’Aristarque au siècle d'Auguste; Ammonius, fils d'Ammonius d'Alexandrie; les deux Tyrannion, dont le plus ancien était auditeur de Denys le Thrace; Denys le Thrace, enfin, le plus populaire, sinon le plus savant, des disciples d’Aristarque. Nous touchons ainsi à l'époque où, par l'effort commun des philologues et des philosophes, les principales théories de la grammaire grecque se sont, après deux siècles d’études, constituées en une science régulière et méthodique. Plusieurs de ces grammairiens, dont les ouvrages ont presque tous péri, par exemple, Zénodote, Aristarque, Tryphon, Habron, Héraclide, sont cités par notre Apollonius. Quelques autres même , tels que Comanus et Philoponus , ne nous sont connus que par la mention qu'il a faite, en passant, de leur opinion sur certains points de grammaire. Mais s'il a recueilli, soit directement, soit indirectement, les leçons de ces habiles maitres ; si même on croit voir qu'il les suit dans la disposition générale de ses doctrines, Apollonius semble, avant tout, un esprit indépendant et original , cherchant la vérité par le raisonnement et par l'étude des faits. Lui-même, d'ailleurs , il se charge de nous

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exposer sur chaque sujet la doctrine de ses devanciers, de sorte qu'il est en même temps pour nous l'historien le plus instructif et le meilleur représentant des études grammaticales dans l'antiquité.

δ᾽ 2. Des ouvrages d’Apollonius.

Les ouvrages d’Apollonius étaient nombreux ; mais, à part le petit recueil des Warrations merveilleuses, περὶ θαυμασίων ‘AxovcudTov, Qui nous est parvenu, et le traité perdu sur les Erreurs ou les Mensonges de l'Histoire, περὶ κατεψευσμένης ᾿Ιστορίας, ils se rapportaient tous à la grammaire, et ils formaient une véritable encyclopédie grammaticale, comme on va le voir par le catalogue qui suit, où nous faisons entrer, en le complétant et en le corrigeant, celui que contient la notice de Suidas , reproduite par Eudocie.

61. Περὶ Στοιχείων,, sur les Éléments du discours , c'est-à-dire sur les sons élémentaires, auxquels répondent, dans le style des grammairiens grecs, les γράμματα, Où signes élémentaires de l'écriture. Plusieurs grammairiens, entre autres Aristote et Apion, avaient déjà écrit des ouvrages sous le même titre οἱ le fils d’Apollonius, Hérodien laissa aussi un livre semblable sous le titre de Τάξις ou Σύνταξις τῶν Sroryeiwy”. Il semble même que les grammairiens qui

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