‹ ApologieChapitre 1 sur 59 · VI PRÉFACE · texte numérisé non relu

VI PRÉFACE

tant leur authenticité ^ ; mon excellent et érudit ami Cliantelauze est plus affirmatif et il vient, au contraire, d'attester, avec pièces à l'appui,

I. ce ...Ces Mémoires sont-ils apocryphes? C'est l'avis des bibliographes. Cependant la marquise de Villars, ambassadrice de France à Madrid, à l'époque où la connétable Colonna s'y trouvait, nous dit dans une de ses lettres : ce Elle a fait un livre de sa vie qui est déjà traduit en trois « langues, afin que personne n'ignore ses aventures; il est « fort divertissant. » M^e de Villars, qui connaissait l'héroïne et la voyait souvent, devait être bien informée. D'un autre côté, on trouve dans ces Mémoires de singulières lacunes : la maladie du roi , par exemple , dans laquelle Marie Mancini joua un rôle si important pour son amour, n'y est même pas rappelée. On conçoit, d'un autre côté, que cette Apologie ait intérêt à taire ou à atténuer certaines choses et ne soit pas toujours d'accord avec les écrits contemporains. Les premiers Mémoires (les Mémoires apocryphes dont il est question plus loin), plus désintéressés, peuvent être, sur certains points, plus près de la vérité: ils confirment, par exemple, ce que disent M™es de Lafayette et de Motteville du désespoir qu'éprouva Marie de quitter la France pour aller épouser Colonna. Au contraire, dans V Apologie ou les Véritables Mémoires, Marie déclare, par ménagement sans doute pour son mari , qu'elle partit heureuse de son mariage; ce qui tendrait à prouver que CCS Mémoires sont d'elle réellement. » {Les Nièces de Ma^arin, par Amédée Renée, 5e édit., chez Firmin Didot. Paris, 1858. Voir la note à la page 278.)

PREFACE. VIÎ

l'authenticité de ces Mémoires dans le livre si plein d'intérêt qu'il a récemment publié sur les relations qui ont existé entre Louis XIV et Marie Mancini, et sur la vie même de cette princesse ^ laquelle fut, comme on le verra, des plus aventureuses et des plus romanesques.

Voici en quels termes Chantelauze, reprenant aussi un des arguments d'Amédée Renée, parle de ces Mémoires^ :

« Les Mémoires de la duchesse de Mazarin, que cette belle personne écrivit de compte à demi avec le galant abbé de Saint-Réal, obtinrent un tel succès à leur apparition, qu'un anonyme s'empressa de publier presque aussitôt des Mémoires, en partie apocryphes, attribués à la connétable Colonna K La première moitié de cet

1. Loui^ XIV et Marie Mancini, d'après de nouveaux documents, par R. Chantelauze. Un vol. in-8^ de 428 pages, à la librairie académique, Didier et O^; Paris 1881.

Page 1