‹ ApologieChapitre 22 sur 59 · XXVIII PRÉFACE · texte numérisé non relu

XXVIII PRÉFACE

Marie-Anne Mancini, a eu une existence plus calme et aussi plus régulière. Elle avait épousé, le 20 avril 1662, un neveu de Turenne, le duc Maurice-Godefroy de Bouillon.

C'était une femme intelligente, d'un esprit cultivé et brillant, aimant les lettres, les écrivains, les artistes, les protégeant et les aidant de son crédit et de sa bourse et qui s'est particulièrement honorée par son amitié pour le grand fabuliste Lafontaine. Son hôtel était le rendez-vous de tous les gens de lettres de l'époque; elle y tenait, comme on l'a dit, un véritable bureau d'esprit. On ne lui a reproché que son goût pour Pradon, lequel se manifesta par l'injuste cabale qu'elle monta et dirigea en faveur de la Phèdre de ce médiocre poète, contre la Phèdre de Racine. Elle fit, en effet, siffler cette Phèdre que la postérité et même les contemporains devaient venger, d'une manière si éclatante, d'un aussi injuste outrage.

La duchesse de Bouillon passa ensuite un certain temps à Londres, à la petite cour de sa sœur où elle produisit également une vive impression

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