PREFACE. XXIX
sur la société si artistique et si lettrée dont la duchesse de Mazarin vivait entourée. Revenue en France, elle y mourut en 17 14 étant toujours dans une très haute et très grande situation.
« Elle garda jusqu'à sa mort, dit Amédée Renée, sa beauté et ses agréments; Saint-Simon l'assure, en nous traçant d'elle ce vivant portrait : « Elle était la reine de Paris et de tous les lieux où elle avait été exilée... Mari, enfants, tous les Bouillons, qui ne bougeaient à Paris de chez elle, tous étaient plus petits devant elle que l'herbe... Elle n'allait chez personne qu'aux occasions... et elle y conservait un air de supériorité sur tout le monde qu'elle savait mesurer et assaisonner de beaucoup de politesse selon les rangs... Sa maison était ouverte dès le matin... C'était grande table matin et soir, grand jeu et de toutes les sortes à la fois. Jamais femme qui s'occupât moins de sa toilette ; point de beaux et singuliers visages comme le sien qui eussent moins besoin de secours, et à qui tout allât si bien : toutefois toujours de la parure et de belles pierreries. Elle savait, parlait bien, disputait volontiers et quel-