‹ Apologie pour FénelonChapitre 101 sur 250 · Etude», 20 octobre 1909, p · texte numérisé non relu

Etude», 20 octobre 1909, p

redoutables. Je voudrais bien, mais les affirmations d'un historien, quel qu'il soit, en imposent toujours à ceux qui n*ont pas étudié de première main toutes les pièces du procès. Voyez le mal qu'on se donne pour détruire la légende du mariage de Bossuet. Personne n'y croit et cependant on ne serait pas fâché de trouver une réponse topique aux mémoires de Legendre. Il en va de même pour le formidable faisceau d'insinuations et d'accusations formelles que présentent les deux volumes de M. Crouslé. Les partisans de Tauteur voient eux-mêmes qu'il exagère, mais quoi ! il n'y a pas de fumée sans feu ; un honnête homme, d'ailleurs si laborieux, n'a pu s'abuser à ce point, nous donner, avec tant de candeur, une odieuse caricature pour le vrai portrait de Fénelon. 11 n'est donc pas inutile d'édifier solidement le lecteur sur le degré de créance que mérite M. Crouslé. Il y a plus et cette nouvelle raison, que j'indiquais en commençant, suffirait à justifier mon insistance. Lorsque M. Crouslé raconte ou apprécie un fait, qu'il juge les intentions d'un personnage, au style près, le plus souvent, c'est Bossuet luimême qui parle. Par un curieux phénomène de mimétisme, cet universitaire a revêtu les sentiments, les opinions, l'àme naïve et passionnée du grand évêque. N'en doutez pas, Bossuet a vu Fénelon des mêmes yeux que Crouslé le voyait hier. Il arrive aux aigles et même aux professeurs de Sorbonne de manquer de pénétration. Leur Fénelon à tous deux n'est pas le vrai. J'ajoute vite que le Bossuet de Fénelon, celui qu'il pourfendait de son ironie suavement frémissante n'est pas non plus le vrai Bossuet.

2{i APOLOGIE POUR FÉNELON

Faut-il que je rappelle qu'il n'est plus question ici de la doctrine proprement dite, mais des impressions de Bossuet sur certaines personnes et certains événements. Je l'ai déjà montré, je le montrerai mieux encore, Bossuet fut prévenu, étrangement prévenu et je puis, sans impertinence, étudier cette prévention, comme sous un verre grossissant, dans les égarements de M. Crouslé. J'ai tâché de ranger par ordre et d'une façon pittoresque les principaux symptômes par où cet aveuglement se révèle.

§ i . — Impossibilité de (ire de sang- froid un texte de Fénelon ou de ses amis.

On peut dire en eflfet que Bossuet n'a jamais lu — ce qui s'appelle lu, — un texte de Fénelon. Citons à titre d'indication la cinglante leçon de français qu'il donne à son adversaire, vers la fin du Dernier éclaircissement.

Le seul M. de Cambrai, j'ai honte de le répéter, veut que je sois un éveillé. De quel style est cette expression? Quelle humeur et quel ressentiment a pu l'arracher à une plume si noble et si modérée^?

Voici, maintenant, la faute de français dans le texte même.

Non, Monseigneur, un innocent théologien n'est point si éveillé^.

Assurément M. Crouslé apporte à ses lectures

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