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LKS MÉSAVENTURES DE M. CROUSLÉ 253
les conférences d'Issy était-ce vraiment trahir un devoir que de ne pas barrer à l'abbé de Fénelon la route de l'épiscopat? De l'ancien régime au nouveau, on a fait de pires choix. D'ailleurs tout ce que lîossuet aurait pu dire à Louis XIV, il le savait par les conddences d'un ami qui avait bien voulu se soumettre à son jugement. Y aurait-il eu là-dessous des monstres d'erreur, Bossuet n'aurait pu que se taire. A l'extrême rigueur il aurait dû prévenir, non pas le oi, mais l'Église. M. Crouslé a-t-il compris le plein -t3ns de ce qu'il vient d'écrire? Imaginez un instant la dénonciation faite par Bossuet à Louis XIV en temps opportun, Fénelon disgracié, végétant jusqu'à sa mort dans un obscur bénéfice. Croit-on que TEglise de France et la nation tout entière saurait le moindre gré à ce triste dénonciateur? Il n'a pas parlé au roi, il n'a pas brisé la carrière de Fénelon, à la bonne heure ! Ne le regrettez pas pour lui. S'il l'eût fait, serait-il encore Bossuet pour nous ?
G. — Encore le secret.
Inquiété par de vagues chucholemenls sur une doctrine spirituelle où sa propre vie intérieure est engagée, un prêtre soumet cette doctrine au jugement de trois autres prêtres. Il ne leur apporte pas ses livres. Il n'en a pas encore écrit sur ces questions, mais ses notes intimes, le souvenir de ses expériences, en un mot ses plus chers secrets. Ce môme prêtre adresse à un ami — cet ami est un vieillard et un évêque — des lettres strictement conhden-
tielles. Le problème est de savoir si le destinataire de ces lettres, si le dépositaire de ces secrets a le droit de divulguer lettres et secrets dans un ouvrage destiné au grand public et sûr de trouver une foule de lecteurs. Débattez-vous, tergiversez, biaisez tant qu'il vous plaira, entre hommes d'honneur il ne peut y avoir qu'une réponse à cette question, qu'une seule, inflexible et coupante: non. M. Crouslé dit ce « non » tout comme nous, mais pour expier, atténuer, rétracter, au moins par lambeaux, un aveu si dur, il se travaille à nous persuader que le seul coupable en cette affaire est celui dont on a trahi les secrets.
Et d'abord il n'est pas tout à fait sûr qu'on puisse juger la conduite de Bossuet envers Fénelon par « les règles de la délicatesse dans les rapports entre honnêtes gens * ». Pour ne pas trop alarmer « la piété publique », s'il ne dit pas à pleine bouche que Fénelon fut un malhonnête homme, il l'insinue du moins et pense par là se tirer d'aff'aire. 11 s'abuse. Un secret, d'où qu'il vienne, reste un secret : notre droit strict sur celui à qui nous faisons une confidence ne dépend pas de notre honneur, mais du sien -.
(( La duplicité probable » de Fénelon ne justifie