‹ Apologie pour FénelonChapitre 127 sur 250 · I, pp · texte numérisé non relu

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LKS MÉSAVeNTURES DE M. CBOUSLK ^51

Italie est encore là, perdue dans les chairs. Sem- Itlahie à un homme, dirait Newmann, qui a cru voir un revenant, sa vie est bouleversée pour toujours. 0 vous qui souriez ironiquement lorsque Bossuet vous parle de Fénelon et de son amie, inclinez-vous devant cette femme, elle vient d'étourdir M. Crouslé*.

B. ■ — La scènk du pardon.

Louis XIV reprochant à Bossuet de n'avoir pas dénoncé Fénelon alors qu'il était encore temps d'arrêter ce dangereux personnage sur la route des honneurs ecclésiastiques; Bossuet demandant humblement pardon à Louis XIV, la scène est connue et, telle quelle, n'est pas de nature à réjouir qui que I e soit. Que i'évêque à cheveux blancs se soit age-

1. J'ai déjà rassuré le lecteur effraj^é par un tel naufrage. Même -i on la suppose d'une exactitude cinématographique, la scène racontée par madame Guyon n'entraîne pas de si atroces conséquences. î?i tout est vrai dans ce récit, les colonnes du ciel ne s'ébranleront pas Pour moi, je n'y vois pas un seul détail que l'on puisse dire forgé de toutes pièces par une imagination rancunière Pour que le rérit devienne non seulement tolérable mais assez probable, il suffit de changer la clef, d'atténuer certaines outrances. Je l'ai repris plus haut, heureux de défendre Bossuet contre l'affolement de son défenseur. Quant à la morale que madame Guyon a tirée de cette histoire, la mère Le Picard a dû dire quelque chose d'analogue, mais sur un auU'e ton qui convenait mieux à une supérieure de couvent.

« La mère Le Picard me disait que ma trop grande douceur le rendait hardi à me maltraiter, parce que son caractère d'esprit était tel qu'il en usait ordinairement de la sorte avec les gens doux et qu'il pliait avec les gens hauts. I, p. 501. »

Formulée avec les égards que mérite un pareil homme, corrigée, adoucie, volatilisée tant qu'on pouifa, est-il sûr que cette observation paraîtrait décidément une calomnie à une commission d'experts, présidée par M. R»^'belliau ?

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nouille aux pieds du monarque en présence de la cour, on l'a dit, mais sans preuves décisives, et ce n'est pas moi qui blâmerai M. Crouslé de ne pas le croire. Il a raison de s'en tenir au récit déjà trop dramatique de Bossuet lui-même, « où nous voyons, dit-il, un assez grand sujet de tristesse, sans aucui ridicule ))K

Voilà l'impression naturelle, le cri spontané d'ui galant homme. Aucune envie de rire, car Bossu( n'est jamais risible, beaucoup de tristesse.

Pourquoi faut-il que d'un sentiment si honorablj M. Crouslé prétende se venger sur Fénelon? Ce n'est^ pas la conduite de ce dernier qui l'afflige, puisqu'il a besoin de le trouver coupable. Alors qu'il se taise et pour une fois, qu'il laisse en paix son ennemi.

Mais non : Fénelon a commenté la scène du pardon, on sait de quelle plume, et les commentaires de Fénelon, plus ils sont justes, plus ils blessent M. Crouslé. Revêtant donc insensiblement les pensées de Bossuet, il en vient à trouver que l'évêque de Meaux n'a eu qu'un tort, celui de n'avoir pas dénoncé plus tôt son ami, et Fénelon, qui ne voit pas les choses du même œil, se trouve convaincu de la plus noire ingratitude.

L'archevêque... ose s'indigner de ce pardon demandé. Mais le bon sens public juge la conduite de Tun et de l'autre. Entre Bossuet obligé d'avouer son tort et Fénelon qui a profité de tout, qui a causé tout ce trouble... il semble qu'une opinion désintéressée ne peut pas se trouver partagée -.

Il me le semble bien aussi. Soit avant, soit après t

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