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'2lj{\ APOLOGIK POUR FKNELON
conscience quand il a publié les lettres intimes de Fénelon.
Tout ceci est triste à écrire, mais pourquoi va-t-on mettre en relief les torts de Bossuet par des apologies maladroites? N'était-il pas plus simple de dire: il s'est trompé et il a failli ? Exaspéré par la prodigieuse fécondité de son adversaire, sentant que le public lui échappait, persuadé de plus en plus que la victoire de Fénelon renverserait l'Église, il a voulu frapper un grand coup, flétrir le docteur pour écraser la doctrine. Harcelé par un, Fénelon, un Bossuet a tant d'excuses ! On n'amplifiera jamais assez la tristesse de ce spectacle. Que Bossuet, à son âge et contre un tel adversaire, soit resté si longtemps sur la brèche, cela tient presque du miracle. N'allait-il pas faiblir? La plume n'allait-elle pas s'émousser entre ses doigts comme le trait du vieux Priam? Avez-vous lu de près sa dernière réponse, celle qui serait venue trop tard, et qu'il a laissée dans ses cartons, inachevée et languissante ? On l'admire, on l'exalte, parce qu'elle est de lui. Elle nous paraîtrait moins belle si elle n'était pas signée. Cette gêne, ces longueurs, ces phrases massives, ces répétitions infinies qui éteignent la preuve au lieu de la renforcer, tout cela me touche plus que les impeccables merveilles des autres livres. Il succombe, il va tomber. On voudrait supplier Fénelon de lui faire grâce. On rougit d'avoir applaudi à ses ripostes jeunes, limpides, acérées et vengeresses. Malgré la cabale et malgré le roi lui-même, la partie n'était pas égale : on pardonne tout au lion mourant.
Reste un dernier argument, une défaite plus lamen-
table. Que liossuet ait manqué ou non aux lois éternelles, M. Crouslé le remercie de ne pas s'être arrêté à de tels scru[)ules. Ne sommes-nous pas des historiens, autant dire des curieux et des indiscrets? Il nous faut des textes, des textes encore et surtout des confidences. Béni soit Bossuet de nous en avoir donné à pleines mains !
Nous avouons pour notre part que nous sommes heureux de voir clair dans ces affaires qui sans ces révélations seraient demeurées ou inintelligibles ou très préjudiciables à la mémoire de Bossuet ^.
Ici manifestement je n'ai rien à répondre. Je retiens seulement cette dernière concession. Si Bossuet n'a pour sérieuse défense que les révélations qu'il nous a faites, la cause de Fénelon est gagnée.
D. — L'injure suprême.
Si cette Priscille na pas trouvé son Montan pour la défendre.
Je m'étonne qu'on n'ait pas recueilli pour quelque traité d'éloquence judiciaire, les beaux exercices auxquels cette petite phrase de Bossuet a servi de thème dans la classe des bossuétistes. Le commentaire de M. Crouslé y aurait une place, mais pour mémoire seulement, car il n'est pas d'un avocat bien retors. Prise en soi, la phrase est impardonnable, M. Crouslé le sait comme nous, et lavoue en gémissant. 11 ne voit guère qu'une excuse, non pas le qxiandofjue bonus dormitat, mais le se?nel dormi-