‹ Apologie pour FénelonChapitre 185 sur 250 · G., II, p · texte numérisé non relu

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pensera de développer ce lieu commun. Il est notrei David, notre Pindare, notre Mage enfin, pour parler] la langue de celui des noires qui, de ce chef, lui ressemble plus que personne. Mais précisément, voilà qui redouble notre surprise et complique le] problème que nous avons à résoudre. Depuis César, on n'a pas soupçonné notre nation de goûter médiocrement l'éloquence, mais nous sommes aussi les fils de Montaigne, les cousins de Bayle et de Simon, h race bourgeoise et pondérée qui ne veut pas qu'oi lui en impose et qui se défie du lyrisme plus encore qu'elle ne l'aime. Nous applaudissons Chateaubrianc et nous votons pour Villèle. Nous admirons leî périodes de M. Jaurès, mais nous restons soumis l'avocat glacial qui dégonfle en trois coups d'épingb les harangues de ce tribun. « Toute éloquence vien| d'émotion », a dit Joubert, et l'émotion qui devim parfois si juste et qui démasque le sophisme n'esl pas moins souvent maîtresse d'erreur. « La chaieui des pensées vient de leur nouveauté, dit encon Joubert, et leur surabondance, des indécisions mêmes de l'esprit. » Chaleur et tumulte, flamme el fumée, c'est tout le lyrisme. Or qui dit chaleur di( surprise et toute surprise veut qu'on la contrôle^ Quant à ce bouillonnement de pensées ardentes qui semblent si claires et souvent ne sont que vagues] qui ne voit que cette lumière éblouissante ne suffîj pas à nous guider infailliblement à la vérité?

Il faut que je reçoive à chaque moment et qu'un certai^ fond soit excité par des mouvements dont je ne suis pas toi à fait le maître ^.

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