‹ Apologie pour FénelonChapitre 204 sur 250 · Dernier éclaircissement, L., XX, p · texte numérisé non relu

Dernier éclaircissement, L., XX, p

5. La lettre publiée par le P. Ingold se trouve aussi dans la Revue Bossuet (2o avril 1900, p. 80), elle est du i^^ avril. Une autre du 6 avril (Lâchât, XXX, p. 364) est moins extrême. « Quelques adoucissements que l'on ait tâché d'apporter à la censure, elle nelai:^pas d'être fulminante ». Cf. les remarques de M. Griselle, Rec '■' Bossuet, ib. « Bossuet ne fut peut-être pas aussi enchanté que h laisse supposer l'accent de triomphe » de la lettre du l" avril Cf. aussi l'extraordinaire traduction qu'il donne au « sive attenta sententiarum connexione » du même bref, « Rome, condamnant le

Il sait sa langue et ce que « mettre le comble » veut dire. Néanmoins vous voyez la prodigieuse métamorphose qu'il vient d'opérer : erroneus pire (jue hœreticus. Lorsqu'un poète arrive à se griser avec de tels contre-sens, ne devons-nous pas nous ItMiir en garde contre la contagion d'une imagination aussi forte? Vous allez voir ce qu'il sait faire d'un mot très inoffensif de Richard Simon.

Richard Simon.

Il est SURPRENANT — dit-Il

n parlant des rapides pro-

; es de Fauste Socin — qu'un

nomme qui n'avait presque

lucune érudition, et qu'une

vnnaissance très médiocre

0 la théologie, se soit fait un

arti si considérable en si peu

0 temps.

Bossuet dilatant le mot

u surprenant ».

Sans doute ce sera ici une espèce de miracle pour notre critique. Socin est un grand génie, un homme extraordinaire ; peu s'en faut qu'on ne l'égale aux apôtres qui, sans secours et sans éloquence, ont converti tout l'univers.

M. Simon est étonné de ses progrès; il devait dire, au contraire, qu'il aurait sujet de s'étonner que cette gangrène, que la doctrine de cet impie qui flatte les sens, qui ôte tous les mystères, qui, sous prétexte de sévérité, affaiblit par tant d'endroits la règle des mœurs, et qui, en général, lâche la bride à tous les mauvais désirs, en éteignant dans les consciences la crainte de Dieu, ne gagne pas plus promptement^

livre... eo: connexione senlentiarum, elle condamne pa h conséquent -^ interprétations faites en défense du même livre », c'est-à-dire utes les défenses de Fénelon, auxquelles Bossuet reprochait idis d'être en contradiction avec les Maximes. Cf. Revue Bossuet^ ; janvier 1901. F., X, p. 357. 1. Défense de la Tradition et des Pères, G., V, p. 129.

Je ne donne que la moitié du développement Simon qui n'a pas lu cette page, mais qui avait ei entre les mains le premier brouillon de Bossuet répond simplement K

En effet, cela est surprenant, et tout ce que l'auteur en vou lait conclure, c'est qu'il était facile d'imposer aux homme qui sont naturellement amateurs de nouveautés^.

On peut lire, du reste, dans Vhistoire des commen tateurs le portrait que Simon a donné deFauste Socin Il n'est certainement pas flatté. Je rappelle que j^ choisis à peine mes textes. Le procédé que je vient de décrire est constant. Qu'on en juge sur ce double écrit à propos de l'hérétique Crellius.

Simon. Bossuet.

Cet homme a une adresse Parier ainsi, c'est vouloir

merveilleuse à accommoder délibérément tenter ses lecavec ses préjugés les paroles teurs, et les porter par une si de saint Paul : ce qu'il fait douce insinuation, non seuleavec tant de subtilité, qu'aux ment à lire et à consulter endroits mêmes où il tombe mais encore à embrasser et à dans l'erreur, il semble ne suivre des explications si rien dire de lui-même. simples qu'on y croit enten-

dre, nonpas l'homme, maisle Saint-Esprit par la bouche de l'apôtre.

Ne sera tenté que le lecteur qui ne prendra pas la peine de tourner la page et de lire les passages oii

1. Je rappelle aux curieux ces trois états successifs des écrits contre Simon : 1» mémoires communiqués par Nicole ou autres; 2" remarques manuscrites que Simon a pu lire ; 3° texte définitif de la Défense. Il y a là des rapprochements intéressants à faire. De plus en plus loin du texte même de Simon qu'il critique, Bossuet laisse un cours de plus en plus libre à son éloquence.

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