F. IX, pp
2. Il ne faut pas croire que Fénelon ait fait sa lecture habituelle de ce genre de livres. Lorsqu'il lui a été nécessaire de défendre sa doctrine, il a dépouillé, avec sa merveilleuse rapidité, cette abondante littérature, retenant l'exquis ou l'utile, négligeant le reste. Nul n'a su lire comme lui, maîtrisant les te-xtes et ne s'y noyant
mènes surnaturels, et plus en garde contre les illusions qui parfois les accompagnent, en vérité, je n'en connais pas. Ceux qui le prennent pour un fanatique ou un visionnaire, ou n'ont jamais ouvert ses livres ou ne savent pas le sens des mots qu'ils emploient. La doctrine du pur amour étant évangélique au premier chef, on peut affirmer que Fénelon, dans sa vie intérieure, ne sort pas des voies communes et ne cherche pas à compliquer la divine simplicité de FÉvangile.
L'esprit de grâce n'est point une inspiration miraculeuse • qui expose à l'illusion ou au fanatisme : ce n'est qu'une paix du fond pour se prêter sans cesse à l'esprit de Dieu dans les ténèbres de la foi, sans rien croire que les vérités révélées et sans rien pratiquer que les commandements évangéliques^.
Vous croyez qu'il s'occupe des visions de M"'° Guyon et qu'il les savoure avec Tacharnement que Bossuet a mis à les critiquer? Vous vous trompez bien. Que veut-il d'elle? Il le dit lui-même à M'"^ de La IVIaisonfort.
Je ne doute pas qu'on ne vous permette de voir madame (Guyon) deux ou trois fois l'année et elle vous élargira li: