‹ Apologie pour FénelonChapitre 233 sur 250 · F., VII, p · texte numérisé non relu

F., VII, p

I.'amour de Dieu vous élargira le cœur et vous fera décider sur-le-champ dans les occasions pressantes*.

Ainsi, l'oraison, pour lui, est une discipline apaisante, unifiante, simplifiante, qui loin de gêner notre activité la dilate et Taffranchit.

II faut aller tout droit aux devoirs essentiels de votre état par le principe de l'amour de Dieu et ne rendre jamais la vertu incommode par des hésitations scrupuleuses sur les petites choses 2.

Aimer Dieu, faire oraison, pour aller « tout droit » aux devoirs essentiels et communs, pour couper court aux minuties, aux scrupules, aux retours inquiets sur soi-même, pour agir, pour vivre enfin, c'est tout Fénelon.

L'esprit d'oraison vous rendra simple, concis, décisif, sobre en pensées et en paroles, tranquille dans les embarras. Le propre esprit est actif, verbeux, vacillant, empressé, multipliant les vues,., perdant le bien pour aller au mieux 3.

Voilà tout son fanatisme, toute son oisive « quiétude ». Mourir au propre esprit, c'est-à-dire, en langue moderne, à tout ce qu'il y a en nous de neurasthé7iisaiit. Quel médecin n'cût-il pas fait! Mais il est prêtre et l'originalité de sa méthode consiste à mysticiser, si je puis dire, et par suite, à rendre plus efficaces et plus nobles les conseils de la simple sagesse humaine. Les vues de la foi magnifient tout. Un philosophe païen nous prêche le recueillement de l'esprit. Malebranche aussi; mais à sa divine façon, il nous fait écouter le « maître

\. F., VII, p. 279.

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