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de tout raisonnement et de toute curiosité Vous lui ouvririez votre cœur pour vous exercer à la simplicité et pour l'élargir. Cotte personne vous consolerait, vous nourrirait, vous développerait (expliquerait, c'est le même mot) à vos propres yeux, et vous dirait vos vérités. Par de tels entretiens on devient moins haut, moins sec, moins rétréci, plus maniable dans la main de DicuK
Et voilà tout ce que Fénelon a demandé à madame Guyon. Supposez le pire, faites de cette femme une ht'^'étique formelle, une aventurière. Fénelon est pur, il est orthodoxe. Il aurait changé ce poison en miel. Mais elle est droite et bonne. On ne peut lui reprocher que quelques inexactitudes d'expression et quelques extravagances. D'elle, comme de tout le monde, Fénelon n'a retenu que l'exquis.
Que tout cela paraîtrait simple, limpide, bienfaisant si deux hommes de génie ne s'étaient pas acharnés à le couvrir de couleurs odieuses ou ridicules! Nous retrouverons M. de Meaux. Pour Saint-Simon, un mot suffira. Qui dit qu'il écrive mal, mais en revanche qui ne sait qu'un grand écrivain peut habiller ' somptueusement une sottise? « Leur sublime s'amali gama ». C'est exactement le contraire qui est le vrai. Entre cet évêque qui ne fut jamais sublime et cette femme qui le fut trop parfois, au gré de Fénelon, tout s'est passé « dans la dernière simplicité ». Grâce à Dieu (( ce roman mystique » ainsi que l'appelle M. Masson est, dans la vie des âmes pieuses, sous une forme ou sous une autre, une histoire infiniment simple et de tous les jours.
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