‹ Apologie pour FénelonChapitre 5 sur 250 · FÉNELON BOSSUET · texte numérisé non relu

FÉNELON BOSSUET

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En France ontre Fénelon.

Le roi : entre un des derniers sur la scène, M^i^ de Maintenon et B'ossuet ayant fait de grands efforts pour qu'il ne sût rien. — La Cour a été informée de tout bien avant lui. Enfin averti, je ne vois pas qu'il ait pris l'affaire au tragique aussi vite qu'on le dit. Il hésite quelque temps entre Bossuet qui jure qu'il y va de tout et le confesseur qui pense qu'il n'y va de rien. Il s'exaspérera peu à peu. Comme il n'entend rien à la mystique, il est très excusable davoir écoute un théologien aussi considérable que U. de M'éaux, mais il ne l'est pas du tout s'il a cru vraiment que le salut de ses petits-fils courût un risque quelconque entre les mains de Fénelon, comme on le lui a répété avec tant de fracas. Pour ses rapports avec Innocent XII et son obéissance impérieuse aux décisions du Saint-Siège, on ne peut pas lui demander d'être moins- gallican que Bossuet. — Quant à la défiance que Fénelon lui aurait toujours inspirée, c'est une légende, orchestrée par Désiré

1. Ce petit tableau est bien, dans ma pensée, un argument, et décisif; mais je ne le donne ici qu'à titre d'indication, pour que le lecteur puisse se reconnaître aisément dans cette forêt de personnages.

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Nisard, mais dont on ne fait pas la preuve'. Si Louis XIV avait redoutt^ les idées politiques du précepteur, il ne l'aurait certainement pas gardé auprès du duc de Bourgogne. Il ne doutait pas non plus de la piété de l'auteur des Maximes. La veille de Noël 1695, W^" de Maintenon voulant exciter Louis XIV h plus de dévotion, lui rappelle le temps où le roi la pressait « de lui lire des écrits de M. de Fénelon » et là-dessus, priait avec elle^.

NoAiLLES, évêque de Châlons, puis archevêque de Paris. L'un des trois commissaires d'Issy. Condisciple de Fénelon, et sur le pied de l'intimité avec lui, même après le premier bruit mené par Bossuet autour des Maximes. Pacifique et tellement persuadé de l'orthodoxie de Fénelon qu'après avoir lu et approuvé les Maximes^ il conseille à Bossuet de ne pas publier VInstruction sur les éta,ts d'oraison. 11 avait de la piété le fond et les apparences, ce qui explique l'admiration passionnée que M"" de Maintenon lui a vouée pendant si longtemps. Il semble môme qu'elle l'a cru très intelligent. Avec un peu de fermeté il aurait arrêté le scandale, mais il est faible — tout ensemble obstiné et pliant et par suite, faux. Il subit Bossuet très à contre-cœur et de son côté, Bo.ssuet qui croit que l'archevêque le jalouse, le tient en assez petite estime. Gentilhomme néanmoins et très noble quand il n'écoute que son cœur. Il aurait pu faire donner à son propre frère la place du duc de Beauvilliers et ne l'a pas fait. Peu brillant dans toute l'affaire du quiétisme, sauf pendant les conférences d'Issy où il montre beaucoup de tact et une conciliation parfaite, la fin de sa longue vie est pitoyable, comme chacun sait. De tels êtres, bons, mais faibles et bornés, quand quelque hasard, de naissance ou autre, les porte au pinacle, font un mal incalculable.

Godet des Marais, évêque de Chartres, directeur de M™" de •Maintenon.

Très pieux aussi, mais d'une intelligence et d'une doctrine incomparablement supérieure. On ne le dit pas assez, parce que Godet écrivain n'a d'autre mérite que la clarté, mais il est excellent théologien. Il argumente dans les règles, sans colère et avec beaucoup de pénétration. Il n'y a que lui, au

1. Certaines paroles de Fénelon donneraient plutôt à croire le contraire. Cf. v. g. F., vu, 665, 693.

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