F.. IX, p
2. F., IX, pp. 83-84. Ce que Bossùet lui « donne », ce sont les 'articles qui sur les instances de Fénelon ont été ajoutés au traité
d'Issy. C'était tout ce qu'il voulait et il le tient.
3. L., XXIX, p. 49. (Janvier 1697.) La date est de tonte importance.
LKS « MAXIMES » JOl
rait pas choisi un pareil moment pour publier son manifeste. Il se serait tenu coi pendant l'orage. Il était jeune, l'avenir lui appartenait. Le calme revenu dans les esprits, il aurait repris sournoisement sa propagande. Au lieu de cela, que voyons-nous? Au plus épais de cette atmosphère de défiance qui l'entoure, en face de tant d'adversaires qui le guettent, il s'explique loyalement et sans ambages. Loin de prendre les faux-fuyants que son infinie souplesse aurait trouvés, s'il avait daigné les chercher, il donne aux Maximes la sécheresse et la rigueur d'un traité de géométrie. Sa préoccupation constante est de ne pas écrire une ligne dont M. de Meaux puisse se montrer mécontent. Il sait bien qu'il n'a pas affaire à un critique indulgent. Et cependant il se fait fort de satisfaire M. de Meaux. Il escompte avec une pleine assurance l'approbation de ce juge. Comment imaginer de bonne foi qu'il ait écrit ce livre en vue de substituer la fausse doctrine à la doctrine d'Issy? Fénelon n'est capable ni d'une pareille duplicité, ni d'une pareille sottise. Il n'y a pas trace de perfidie dans sa conduite. C'est au contraire la conviction, la sécurité de Tinnocence, et c'en est aussi la candeur.
Il n'a pas atteint le but qu'il se proposait. Qui le nie? Trop pressé d'écrire; trop confiant — non pas dans Torthodoxie de sa pensée, car celle-ci est orthodoxe — mais dans la sûreté de sa plume, il a faussé par des expressions malheureuses la doctrine qu'il avait certainement voulu soutenir. 11 s'est trompé, mais de son erreur môme jaillit une nouvelle preuve de son innocence. Les innombrables livres qu'il a
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publiés pour expliquer les Maximes sont en pleine conformité avec les articles d'issy. S'il avait entendu s'écarter plus ou moins habilement de celte règle, comment lui aurait-il été si facile de se ressaisir, et cette première erreur corrigée, de rester constamment dans les limites permises?
11 a donc péché par présomption en rédigeant! cette synthèse prématurée, cet « avorton de soi esprit », comme il appellera plus tard les Maximes ^ mais il a péché surtout par excès de simplicité et d( candeur. Il a cru, le malheureux ! que la raison seuh préside à nos controverses et qu'il suffît d'un livn — même irréprochable, même décisif — pour arrê-' ter net des attaques passionnées. 11 a cru qu'on l'écouterait de sang-froid et peut-être avec bienveillance. Il n'a pas compris que son livre était condamné d'avance.
Condamné d'avance, et par Bossuet lui-même. Voici en efiet comme ce dernier s'explique, à une heure où les Maximes dont on ne lui avait pas confié le manuscrit, étaient encore chez l'imprimeur.
Je sais d'une manière à n'en pouvoir douter, que M. de Cambrai veut écrire sur la spiritualité... Je suis assuré que