Je ne crois pas à la légende de l'ostensoir
182 APOLOGIE POUR FÉNKLON
première partie du réquisitoire. A priori et surtout pour un chrétien qui sait que Dieu mesure sa grâce à l'épreuve qu'il envoie ou qu'il permet, cet argument ne prouve rien. Mais sur quelles observations M. Delplanqueappuie-t-il une affirmation aussi téméraire? Fénelon n'a-t-il pas répété cent fois qu'il se soumettrait; oui^ sans doute, il l'a dit et il l'a trop dit, mais nous savons que dès lors il n'était, il ne pou-| vait pas être sincère. La preuve en est que jusqu'à la fin il a espéré fermement qu'on ne le condamnerait pas. Je n'invente ni ne force rien. Voici le texte d'un des sommaires .' Disposition à se soumettre au Pape qui ne peut se concilier quavec l'espoir et la certitude de la victoire'^.
Fénelon n'est pas simple, écrit-on encore; sa sincérité n'est' pas entière (simplicité, sincérité, cela fait deux), il se déelare prêt au sacrifice, quand il se croit en droit d'espérer la victoire; il s'exerce à souffrir chrétiennement une condamnation immérîtéeet en même temps il espère la justification qni lui est dne.
Qaoi de mieux, direz-vous? Tout se réduit â dfre que Fénelon, « persuadé d'avoir raison », et qui se sait approuvé par une /ouïe de théologiens et par la bonne moitié de ses juges, espère que Rome ne subira pas la pression de Louis XÏV. C'est assez l'usage, du moins jusqu'à ce jour, qu'un auteur tienne â ses idées. D'un autre côté, Fénelon, qui n'était pas un sot, n'aurait pas cherché refuge à Rome s'il n'avait pas eu de solides raisons de croire que Rome le défendrait contre Paris. Induire delà que si, par malheur, on ïe repousse, il se révoltera ou de bouche ou de
\. DklplaNmue, 1. c, p. 253.