DRAMATIS PERSON.K
qui présidait le Saint-Office) lui dire de penser bien sous les yeux de Dieu à quoi il engageait l'Église romaine, de bien ionsultersa conscience et de navoir nulle autre vue «.Phélipeaux qui trouve le scrupule plus que plaisant, ajoute que Casanate, très décidé, lui, contre Fénelon, renvoya au pape le même conseil et lui dit de se tenir en paix^.
Le cardinal de Bouillon. Plièlipeaux et l'abbé Bossuet ne parlent de lui qu'avec rage et depuis on a fait chorus avec eux. Il me semble pourtant que le cardinal — quoi qu'il en soit de ses autres aventures — s'est conduit, dans toute cette affaire, en galant homme et en prince de l'Église. Représentant de Louis XIV auprès du Saint Siège, il avait ordre de mener à bien la condamnation de Fénelon, mais siégeant au Saint-Oliice, et juge de la foi, il avait le devoir de tenir pour vains les ordres reçus. Il se tira comme il put de cette situalion embarrassante. Il était consterné par tout ce scandale et on le voit s'employer activement à réconcilier les deux adversaires. Sa droiture éclate dans tout ce qu'il répond à Bossuet. Il ne biaise pas 2. Il manquait d'ailleurs de souplesse diplomatique et a peut-être traité d'un peu haut les cardinaux italiens. Peut-être aussi quand il avait fini la leçon que ses théologiens lui avaient apprise, criait-il parfois pour tenir tète à l'argumentation qui continuait. Mais nous ne savons rien de tout cela que par Phélipeaux, grand collectionneur de potins.
Les agents de Bossuet à Rome, l'abbé Bossuet et Phélipeaux.
Nous ferons plus tard une plus longue révérence à Tabbé Bossuet qui voyageait en Italie lorsque éclata la querelle et qui n'en voulut plus partir que vainqueur. La cause lui doit beaucoup — moins pourtant que ne dit l'abbé — cette cause, lui écrivait Bossuet « pour laquelle il est visible que la sagesse éternelle a préparé votre voyage ^ ».
Meilleur théologien, plus maître de lui ou du moins plus grave, Phélipeaux n'a pas non plus marchandé sa peine. Un mot nous éclaire sur sa disposition à l'endroit des vrais
1. Relation de Vorigine du progrès et de la condamnation du Quiétisme répandu en France, avec plusieurs anecdotes curieuses (Phélipeaux), 1132, 11, p. 213.
2. Cf. L. XXIX, p. 275, 276. Une très belle lettre de Bouillon à Bossuet.