LA VICTOIRE DE B08SUET !9I
riiydre hérétique. Ravise-toi, ce n'est pas M. de Moaux, c'est M. de Cambrai qui te mérite. » Et 1*3 voilà qui déchaîne l'érésipèle ou l'eczéma sur Fénelon et toute la « bande obscène » de ses tidoles. Bêtes d'enfer, inowches immondes, tourbillonnez sur Fénolon.
Late in quietis impiœ Turpes magistros œqua vindex irrue.
11 voit déjà, Fénelon et ses grands vicaires, couverts de « rouges pustules». « Rome les a rejetés de son sein, mieux vaut qu'ils périssent de tes morsures ! »
Ne me dites pas que cela est moins que rien. L'acolyte Ledieu a gardé cette pièce dans ses cartons sans se douter qu'elle serait odieuse si elle n'était plus que risible. Les poètes courtisans forcent la note, mais non sans refléter les idées, les passions au milieu desquelles a grandi leur muse. Pour avoir écrit cette ode, Boutard n'a pas perdu les bonnes grâces de M. de Meaux qui fit sa fortune. Fénelon l'aurait chassé de Cambrai.
Oui, c'est là un infiniment petit, mais tout mon but, jusqu'ici, a été de vous montrer que cette histoire tragique n'est faite que d'infiniment petits. Aussi bien, j'avoue ma faiblesse. Il ne me déplaisait pas d'ajouter un nouveau portrait d'ancêtre à la galerie des bossuétistes. L'abbé Bossuet, Phélipeaux, Ledieu, Valbelle, Boutard enfin, vous ne trouverez pas de pareilles toiles à l'archevêché de Cambrai. On n'évoquerait pas ces fantoches, s'ils n'avaient fait tant de mal au génie sublime et candide qu'ils ne méritaient
\[)2 APOLO<iIE POUR FIÎNKLON
pas d'approcher. Que Bossuet reste Bossuct entouré de ce cortège, c'est un de ses plus rares triomphes. Jioutard nous servira donc à passer de la première partie de notre livre à la seconde. Il maudit Fénelon ; il lui souhaite et il lui prête les misères de M. de Meaux. M. Crouslé et les autres vont continuer ces imprécations.