‹ Apologie pour Hérodote (volume 2)Chapitre 106 sur 223 · CHAPITRE XXXIV 2O · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXIV 2O

fiwm quodfuerint duœ juyenculœ, etc. C'est à dire (en abbn^eant un peu le Latin), Qu'il y eut deux )eunes filles, grandes compagnes, qui en ceste sainae nuict (i-sçavoir de la nativité de nostre Seigneur) après avoir ouy la première messe s'en allèrent en quelque endroit de leur doistre à l'escart deviser de cest enfant Jésus, en attendant qu'on sonnast la seconde. Or l'une demanda à l'autre, a Pourquoy voulez- vous avoir deux » coussins, veu que je n'en ay qu'un? — J'en mettray » un au milieu, > dit-elle, « pour y faire seoir Ten^mt » Jésus : car il a dict (comme raconte Tévangéliste), 9 Où 11 y a deux ou trois personnes assemblées en mon » nom, je suis là au milieu d'elles (i). » Cela estant ainsi faict, elles demeurèrent là assises, prenans grand plaisir à tel devis, depuis la feste de la nativité de Jésus Christ, jusques à la feste de la nativité de S. Jan Baptiste : le temps cependant ne leur ayant rien duré, tellement qu'il leur sembloit qu'il n'y avoit pas plus de deux heures. Or Tabbesse et les autres nonnains estoyent fort estonnées où seroyent demeurées ces deux jeunes filles. Il avint donc en la veille de la feste de S. Jan Baptiste qu'un bouvier passant par devant le lieu où elles estoyent, apperceut un bel enfant assis sur un coussin au milieu d'elles. Dequoy il alla inconti* nent avertir Tabbesse : laquelle le suivit jusques audict lieu, où elle vit cest enfant qui sembloit se jouer avec elles. Estans là trouvées par leur abbesse, luy demandèrent toutes honteuses si la seconde messe estoit sonnée, pourcequ'ellcs ne pensoyent avoir arresté plus de deux heures : et furent bien esbahies quand elle leur dict qu'elles avoyent esté là depuis la nativité de nostre Seigneur jusques à la nativité de S. Jan Baptiste. Puis leur demanda où estoit allé cest enfant qui

(i) Matth., XVIII, 20.

ArOE.OGlE POUR HERODOTE

niiieu d'elles. Mais elles jurèrent n'en avoir . Pourtant elle leur d<Jd ara, etc. Escouions i la troisième, qui est prise de Barclete (i). Saincte Katherine, une fois qu'en disant le pseaume u, qui eommancc Miserere mei Deiis, elle fut venue jusques à Cor mundiim créa ta me Deus, c'est à dire, 0 Dieu, crée en moy un cueur net, nosire Seigneur s'apparut à elle et luy osta son cueur. Au bout de trois jours {pendant lesquels eH'cstoit de mou rée sans cueur), nosire Seigneur luy donna un nouveau cueur, disant, Ma fille Katherine, je t'ay donné un cueur nouveau, à fin que tu sois totalement nette k mes yeuï. En signe dequoy (encori: que la place eut esté consolidée) demeura tousjours quelque cicatrice. Or elle ayant esgard à ceci, disoit en son oraison, Seigneur, je te recommande ton cueur, non pas le mien. Toutesfois quant à ce conte de Bareletc, il est vraysemblable qu'il soit

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