‹ Apologie pour Hérodote (volume 2)Chapitre 11 sur 223 · CHAPITRE XXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXI

p mois, que n'est à un prestre d'estre privé trois mois » du temple, duquel il se soucie si peu que pour légère 9 occasion il s'en voudroit passer toute sa vie? » Je n'ay voulu omettre ceste histoire, venant très-bien à propos de la légère punition qu'ordonna cest autre évesque contre ce vijain prestre, qui avoit osé paillarder, non simplement au temple, mais tout auprès le grand autel : non pas un jour de quaresmeprenant, mais un jour du grand vendredi, un jour du vendredi auré, un jour du vendredi sainct, un jour que chacun est si empesché à plorer le povre Dieu qu'on tient en prison, un jour auquel rire seulement, c'est un demi péché : et puis â la veue de tous les saincts et sainctes dudict temple, qui ayans le visage tourné de l'autre costé, ne laissoyent pourtant de voir aussi bien par derrière que pardevant : bref, qui avoit commis un crime pour lequel il devoit perdre cinquante vies s'il les eust eues, je di mesme selon leurs canons. Mais encore que ceste peine fust si légère, si est-ce que le légat d'Avignon la trouva si griève, qu'il la luy remit. De sorte que monsieur le curé paillarda depuis mieux que jamais avec la mesme et au lieu mesme, en despit de tous ceux qui en avoyent parlé : et ne laissa de chanter ses messes ordinaires, qui furent trouvées d'aussi bonne saveur et d'aussi bon goust, voire d'aussi bonne digestion, par ceux qui en mangent volontiers, que celles du plus puceau prestre qui fut jamais. Or qui voudroit faire la recerche des maux de toute sorte commis par les gens d'église, il en trouveroit grand nombre, voire presque infini : mais quant aux punitions, il les trouveroit ou fort rares, ou pour la pluspart si légères que ce n'estoit que pure moquerie. Dequoy entr'autres tesmoignages nous en avons un fort bon es Cordeliers d'Orléans, après avoir usé de l'horrible et exécrable imposture qui depuis par tous les coins du monde fut divulguée.

2b APOLOGIE POUR HI-RODOTE

Mais laissant ce propos, ei retournant aux paillardises de CCS bons compagnons, pour monstrcr qu'en ■celles ils n'ont aucunement voulu estre inférieurs à leurs prélats, je fcray ici le récit d'un inceste superlatif, commis par uq prestre, ainsi qu'il est aut en tique ment caregis[rii Es escrits de la roinc de Navarre dernière défuncle (t) : sinon que j'uscray de plus grande briefvecê. En un village prËs de Coignac, nommé Cherves, une vierge (c'est à dire une qui se disoit vierge et aussi estoit tenue pour telle}, sœur du curé de la paroice, fut trouvée grosse : et d'autant qu'elle menoit une fort saincte vie en apparence, faisoit aisecmcnt croire au peuple que le ventre luy estoit ainsi enflé par œuvre du saïnct Esprit, et qu'elle esioiiune seconde vierge Marie. Le bruit estant venu jusques aux oreilles du comte Charles d'Angoulesme, père du roy François premier de ce nom, il envoya de ses gens sur ie lifu pour rntde.

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