CHAPITRE XXXV
estre ordlûairement en la bouche des docteurs scholasdques, tant nominaux que réaux, Thomistes, Aibertistes, Occanistes, Scotistes, et autres. Aussi se sont-ils amusez et s'amusent à des questions fort sogrenues (i) touchant leurs articles de la religion Chrestienne, et nommeement touchant ce qu*ils appellent le sainct sacrement de Tautel : comme on peut voir au livre q)pelé CauteUe missœ (2). Et encores n'ont ib sçeu faire tant de questions touchant ce point, qu'on n'en trouve de )our en jour un grand nombre de nouvelles. Dequoy il ne se &ut esmerveiller, veu les dangers ausquels leur sacrifice est suject. Car quant à l'hostie, ils ont bien meu force questions touchant les inconvéniens qui luy pouvoyent avenir : mais si en est-il avenu desquels ils ne se fussent jamais doutez. Et mesme ils ne parlent point d'un accident tel que celuy qui avint à S. Fran*^ çois, c'est qu'en disant la messe (au fueillet 72 du livre Des conformité:^ allégué souvent ci-dessus) il trouva en son calice une araignée, laquelle ne voulant point jetter hors, il la but avec le sang. Il est vray que se frottant et gratant la cuisse là où il sentoit une démangezzon, il se fit sortir ladicte araignée par icelle cuisse. Voici, à dire la vérité, un conte lequel peut estre motif de plusieurs questions qui n'ont point encores esté ouyes. Car premièrement on pourra demander si ce sang ainsi empoisonné avoit autant de vertu que s'il ne l'eust point esté, et notamment si elPestoit alors pénétrative jusques en purgatoire. Item si ceste araignée estoit venue là de son propre mouvement, ou bien par quelque révélation qu'elFavoit eue miraculeu-
(i) Saugreneux dans Brantôme, saugrenu dansOndin, Cur.ftanç,
(2) Les Cauleles et canon de la messe, ensemble la messe du corps de Jésus Christ, le tout en latin et en français, le latin fidèlement extrait du Messel à l'usage de Rome..., avec annotations de p. Yiret, Lyon, C. Ravot, i363, in-80, 198 p.
sèment ei contre Tout ordre de nature. Item si elle participa point aux mérites du sacrifice, ou pour le moins si elle fut pas sanctifiée. Aussi pourroit-on mouvoir un' autre question, si cesie araignée se pouvoit enyvrer de ce breuvage. Voire ceux qui enieodenc ces subtiiitez, en pourroyent mouvoir encore deux ou trois douzaines : qui est la raison pour laquelle )e di qu'on ne se doit csbahîr s'ils ne peuvent trouver le bouc des questions qu'engendre cesie mystiquement ou mystérieusement estrange fa;on de sacritîce.
Toutesfois encore n'y auroil-il pas si grand' pitié en eux s'ils ne se rompoyent la teste qu'après les questions qui appartiennent aux points susdicts : mais tant s'en faut qu'ils se contentent de celles-là, qu'ils veulent entrer jusques au conseil privé de Dieu \i], quant à toutes choses généralement. Aussi les a inciter ceste curiosité à ajousier par leur hardie invention à ceste partie de la bible g