‹ Apologie pour Hérodote (volume 2)Chapitre 16 sur 223 · CHAPITRE XXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXII

ran parmi Tautre (comme aussi les médecins ne leur conseillent pas de ce jGEiire), ains attendent volontiers qu'ils soyent si saouls de chair qu'ils commencent à crever: comme les Flamens, quand ils veulent faire leur grand gaudeamus, font conscience de taster du vin qu'ils ne soyent yvres de bière. Toutesfois il y en a plusieurs maintenant qui font provision d'appétit, quant au poisson, pour la quaresme. Quoy qu'il en soit ,^ ce n'est sans cause qu'on dit par proverbe. Vin théologal y et Table (TAbbé: comme on peut voir par la description non pas d'un disner ou soupper, mais seulement d'un desjeuner, non pas d'un Abbé, mais seulement d'un Prieur, contenue es vers suyvans :

Un gros Prieur son petit fils baisoit

Et mignardoit au matin en sa couche,

Tandis rostir sa perdris on faisoit.

Se lève, crache, esmeutit, et se mouche.

La perdris vire : au sel de broque en bouche

La dévora : bien sçavoit la science.

Puis quand il eut pris sur sa conscience

Broc de vin blanc, du meilleur qu'on eslise,

€ Mon Dieu, » dit-il, c donne-moy patience :

> Qu^on ha de maux pour servir saincte église! » (i)

Que sera-ce donc des disners et souppers de ceux qui ont une douzaine de crosses et autant de mitres, si le desjeuner d'un simple Prieur est d'une perdris (et faut entendre avec le comment), et encore se plaind-il du

(i) Cestla 86« épigramme de Marot. La pensée en est prise du A/argarita facetiaruniy Argentorati, i5o8, in-4, où le !•»• ch. des Facetter Adelphitut intitulé De indocto prctlatOy contient ce qui suit : « Ma-* gnus prctlatus in aima urbi Roma cum interesset prandio delicatissimo et opiparo, et solum synapium deesset, suspirans et doiens exclamavit : O quanta patimus pro ecclesia Dei! » Alter ad latus assidens et ipsius errorem castigans, dixit : — t Patitnur. » Tum primus subin/ert : — « Non magni refert si patimus aut patimur dixerimus, utrumque enim genitivi est casus. «

36 APOLOGIE PODR HÉRODOTE

mal qu'il endure pour servir saincte église ? Il est vrai qu'il avini bien à un autre, qui estoir aussi homme d'église, de faire la mesme plainte, à cause qu'on lui faisoit manger et perdris et becquasses et faisans sans orenge : mais notez que c' estait un évesque, au lieu que cestuy-ci n'est qu'un prieur. Mais retournant encores à ces proverbes, Vin théolùgal, et Table d'Abbé, ou Table de prélat, je di que sans eux on n'eust jamais peu avoir la vraye intelligence d'un beau passage d'Horace, où

Nunc est bibendum, nune pede libero Pitlsaada tellus : nunc saliaribus Ornare pulvinar deorum Tempus erat daptbut, todales (i)-

Ni cesluy-ci du mesme poËte :

Abiiimet hœres cxcuba dignîor,

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