‹ Apologie pour Hérodote (volume 2)Chapitre 164 sur 223 · CHAPITRE XXXVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXVIII

ouy parler d'un certain S. René en Anjou (i), qui ae mesle de ce mestier : mais comment les femmes se gouvernent autour de luy (qui leur monstre aussi ses belles armes priapales (2), comme j'aurois honte de l'escrire, aussi les lecteurs auroyent honte de le lire. Je trouverois encore beaucoup de choses à dire sur ce propos, lesquelles la mesme raison me fait omettre. J'ajousteray setilement ce qu'on raconte de Nostre-Dame de liesse : c'est que les femmes qui ne peuvent avoir enfants, tirent à belles dens (au moins souloyent tirer) les cordes des cloches de son temple.

Et de jalousie jamais fut-il médecin qui en sçeust guarir? Il est certain que non : mais de ce que tous

dérodoo sar la beooiste idole, qai est gisante de plat, et non point debout comme les autres. Outre cela il est requis que chacun jour elles boivent un certain breuvage mesié de la poudre raclée de quelque endroit d*iceI1e, et mesmementdu plus déshonneste i nommer. Or si cela seul engrosse ou non, j'en laisse la décision à ceux qui ont forgé ou qui entretiennent une telle et si vilaine dévotion, laquelle seroit trouvée fort estrange si elle nous estoit racontée de quelques peuples barbares et payens : et que dirons-nous donc de la voir estre en usage entre ceux qui se donnent le nom de Chrestiens ? Je ne sçay pas toutesfois si encore pour le jourdhuy ce sainct est encore en tel crédit qu'il estoit : pourceque ceux qui l'ont veu (desquels je tien ce que j'en ay raconté) disent qu'il y a environ douz'ans qu'il avoit ceste partie-là bien usée i force de la racler. Il y a aussi au pays de Constantin en Normandie (qu'on dit communeement Contantin), un S. Gilles (a), qui n'a pas eu moins de crédit en ces affaires, quelque vieil et caduc qu'il fust : selon le commun proverbe de ceux-là mesmes qui s'amusent à tels abus et qui les vendent aux autres, qu*ii itat miracle que de vieux saincts.]

(I) Allusion de rein à René. On a supposé que S. René ne devait pas avoir moins de vigueur aux reins que S. Renaud. VInventaire des Messes dit :

Saint André pour les Bourguignons Et saint Renaud pour les rognons.

(a) Exemplaires cartonnés : [(qui leur montre aussi ce que l'honneneté commande de cacher)].

(a) S. Gilles. L'Aleman nomme Schell une sonnette d'où eschiles

rur des clochettes dans Fœneste, III, 7, et de là l'opinion que Gilles devait être un aussi bon faiseur d'enfans que S. Grelichon. » Le Dttchat.

334 APOLOGIE POUR HI^IiOI>OTB

les médecins n'oni jumais sçeu btrc, oadîi qa^ ; un sainc[ è Tou qui en est grand ouvrier. Nous an ausyS.Avertin,S.Acaire(i|,S. Maturin (j'entcn S- X turin de l'Archani, que les autres nomment S. Mail lin, dont vient Teste maihelineuse) (al, qui guarîssi des maladies susdicies, desquelles nous s^avons que médecins ne peuvent venir à bout avec tout leur cl bore. Lesquels exemples suffiront pour monstrer co bien grans médecins sont les saincts des papicoles.

Il y a bien encores un' autre ditférence notable eu les saincts qu'on dit faire profession de l'an de mé cine en paradis, et les autres médecins qui sont pai le monde : c'est que chacun de ces saincts peut euvo; la mesme maladie de laquelle il peut guarîr. qu'ainsi soit, quand on dit le mal S. Main, le i S. Jan, c'est aussi bien h dire le mal qu'ih cnvo}% que le mal duquel iU guarissent. Il est vt^y qu'il des saincts plus colères et plus daogier«UX les vas <

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