‹ Apologie pour Hérodote (volume 2)Chapitre 169 sur 223 · CHAPITRE XXXVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXVIII

aussi S. Marie Egyptienne^ Et sur ce propos il me souvient de ce que j'ay leu au livre du susdict Jan Menant, d'une Nostre-Dame de toutes beautez à Tours, qui eut ce nom pourcequ'on avoit usé du mesme moyen pour la peindre qu'un peintre ancien usa pour peindre la déesse Vénus. Car on contempla toutes~les plus belles filles et jeunes femmes de Tours, et de Tune on prit le large front, de l'autre les yeux à fleur de teste, gays et gracieux, de l'autre le nez traitif, de l'autre la petite bouche riante, le menton fourchu, des autres, autres parties du corps. Or si l'object d'une si belle Nostre- Dame enfiambe mieux la dévotion, j'en laisse prononcer à ceux qui peuvent estre juges plus compétens; ceci puis-je asseurer que j'ay des livres en parchemin contenans matines, vespres, complies, et les autres pièces de tel service, èsquels en certains endroits sont peintes des jeunes dames qui ont des musequins fnans au possible, et jettent des œillades si attrayantes et si perçantes que d'une seule d^elles on pourroit bien dire ces mots du poète Properce (i), Docta vel Hippolytum Veneri mol" lire negantem (2). Mais de quelles dames estoyent ces pourtraits, à-sçavoir mon si de celles que les maistres desdicts livres gouvemoyent, ou de celles qu'ils désiroyent gouverner, cela ne puis-je pas dire. Comment qu'il en soit, c'estoyent quelques-unes (ainsi qu'il est à présumer) ausquelles ils portoyent si bonne affection, qu'ils vouloyent voir leurs pourtraicts pendant qu'ils Êiisoyent leurs prières, de peur de les y oublier.

Maintenant je retourne à la question susdicte, à-sçavoir si toutes les Nostres- Dames que je vien de nommer, sont une mesme Nostre-Dame. S'ils respondent que c'est une mesme, je leur demande pourquoy elle se desguise en tant de sortes : s'ils disent qu'elles sont

f i) Exemplaires cartonnés : [des jeunes dames qai ont un maintien si lascif q«*on en pourroit bien dire ces mots du poète Properce.] {%) Lib. IV, c. 5.

APOLOGIE POITR HERODOTE

diverses, je les prieray de me dire laquelle d'entr'eli csl la vierge Marie mère de Jéiui-Chrt». Mais c« scn pour relumber en l'awre question première, de l quelle j'ay promis de ne les point tourtncrticr. Il n dra donc mieux pour ceste heure que nous noas co lentions d'alléguer l'opinion de la bonne femnie Montrichard, qui disoil Nosire-Dame de Naniueil Nostre-Dame de Francueil estre soeurs : et que ao avisions par bonne ei meure délibération ,ii nou& p« rons lani faire qu'elles soient toutes, si non satin, moins d'un mL-sme parentago.

Mais H propos des divers habits des Nostres-Dam il y a aussi très-grande variété es hahît& des saine voire si grande que si on entreprenoîi de la deschîffi on auroit bien à songer par où on dcvroit commano Car l'un est tout nu, l'autre est à dcRii-nu, l'autre bi vestu. L'un porte un grand chapeau, l'atilrc uo peu l'autre porte je ne s^ay quoy resecnbUm ît un U

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