CHAPITRE XXXVIII
saincts, ainsi qu'il a esté dia ci-dessus: ibais condbien» qu'il soit fort grand (comme on peut voir par le calcul qui en a esté faict en gros seulement, et à veue de pays), si est-ce que si nous regardons de combien est plus grand le proufit qu'elle tire des âmes des saincts trespassez que celuy qu'elle tire de leurs corps, il semblera que le revenu qui vient desdicts corps, ne soit, à comparaison de l'autre, que pour avoir la desserte.
Je vien à l'autre point que j'ay entrepris de traiter en ce chapitre, à-sçavoir, combien estoit impudente Tavarice des gens d'église. Et comment ? (dira quelcun) ne peut-on pas découvrir ceste impudence par plusieurs passages de ce livre, et mesmement par ce qui a esté desjà dict en ce chapitre ? Cela je confesse : mais je veux à présent monstrer un'impudence monstrueuse, ou (s'il est licite d'ainsi parler) une quint'essence d'impudence, voire d'impudence conjointe avec une trèsabominable impiété. Et est si authentique l'exemple que j'en veux produire, qu'ils ne le sçauroyent nier, sans nier leur seing, et leur escriture. Car voici leurs propres paroles qu'ils ont gravées en lettres Gothiques, en un tableau de pierre (i) qui est (au moins souloit estre il n'y a pas long temps) attaché à un pilier du
(i) « C'avait été Duaren qui, par la force de ses remontrances réitérées, était enfin venu à bout de faire enlever et supprimer ce tableau dont le contenu se trouve de nouveau dans le Fulmen brutum de Hotman, p. 58 de l'éd. augmentée de Leyde [Scaiigerana, au mot Hoiomanni FrancO'Gallià)^ in-8«, gr. papier, et en bien plus gros caractères que celle de Genève. Ex eodem génère {traditionum), dit cette addition, qui suit immédiatement les huit vers à la louange 4<» Agnus I>ei, illud est cûrmen impium ac plane ne/arium, quod nom multis ante annis Biturigœ in summo episcopali in tabula lapidea ineisum et ad caput trunci sive sigilli paupemm affîxum erat ; ud F. Duareni admonitu, qui tum in illa Academia jus civile pro^ Jliebatur^ exemptum ac disturbatum est. » Baylc, Dict., art. Duaren, remarques.
iib APOLOGIE POUR HERODOTE
temple de 5, Estienne h Bourges, prés de l'autel où se chantoit la messe cardinale : i
Hie dfs dévote : cirleititu> atsocio te. 1
Mêmes itgrottt per munira lunt ibi Iota. \
Ergo venUote gentes a sorde remattr.
Qui datit, estott certi de Jivite dote.
Teprecor, accéléra, ipargtis hic dum potes etra ;
Et aie rêvera leciire calica spera.
O ti tu sciret quantuni data prosit ibi res, Tujuxta vires donares quod dare quires.
Tt miser a piena, dum lempus habes, aliéna. Hue dare te pana, vemtefit aperta crumeiui. Coiaors cielestis fabriea, qui porrigit est ii. Ex hoc sum testis, hic vos mundare poiesti$.
Fratres, haurite de trunco pocuia vilx : Hie aliquid sinite, veri velut Israelitie. Crede mihi, crede, catli dominaberis lede. Nam pro mercede Chriito dices, Mihi cède.
Hic datur exponi paradisus vendilioni. Carrant ergo boni rapientes culmina Ihroni. Vis retinere forum ? mthi tradai pauca bonorutn, Pro summa quorum reserabitur aula polorum.
Hic si large des, in cala fit tua sedes : ^i seret hic parce, parce comprendet in arce. Cur lardas tanlum ? nummi mihi des aliçuântam. Pro solo nummo gaudebis in lelhere summo.
Denos sume qualer, u>ium semel, fttec sacra mater Annos condonat, sanctus paler ista coronat. Tôt quadragenas dat et abluit hic tibi paenas : Mil missis decies socius, si des ibi, fies.
Le suject de ces vers (ce que je diray pour ceux qui n'entendeni point Latin : ne les ayant voulu tn< duire, pourceque leurgrace consiste en ce qu'Us sont rymez) n'est autre chose sinon que, Qui donne «n