CHAPITRE XXXIX
Maintes telles comparaisons,
Autant que par sa grand chaleur,
Soit de clarté, soit de valeur.
Surmonte le soleil la lune,
Qui trop est plus trouble et plus brune :
Et le noyau des noix, la coque :
(Ne cuidez pas que je vous moque :
Cela di sans bourde ne quille)
Tant surmonte cest* évangile
Ceux que les quatr* évangélistes
Du fils Dieu firent à leurs titres.
De tels comparaisons grand' masse
Là trouvoit-on, que je trespasse.
Et à propos aussi de ce qui a esté dlct des livres de ce Guillaume de S. Amour contre la povreté feinte des mendians, ce mesme poëte en fait mention. Car après avoir traité assez am}>lement quels mendians doivent estre tolérez, et quels non, et avoir allégué, pour conformer son dire, les sermons dudict de Sainct Amour, il ajouste, en la personne de Faux-semblant,
Qui groncer en voudra, si gronce,
Et courroucer, si s'en courrouce.
Car je n'en mentiroye mie,
Si je devoye perdre la vie :
Ou estre mis contre droiture.
Comme sainct Pol, en chartre obscure :
Ou estre banni de ce royaume
A tort, comme maistre Guillaume
De sainct Amour, qu'hypocrisie
Fit exiler par grand'envie.
Ma mère en exil le chassa.
Le vaillant homme tant brassa
Pour vérité quMl soustenoit.
Vers ma mère trop desprenoit,
Pourcequ'il fit un nouveau livre
Ou sa vie fit tout'escrire :
Et vouloit que je reniasse
Mendicité, et labourasse,
Si je n'avoye de quoy vivre.
Bien me pouvoit tenir pour yvre.
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APOt-OGIE PODR HéRODOTE
Car labourer ne me p«ut pUire ;
D'aucun labeur n'ay-je que ftlre ;
Trop y a peine i labourer.
Miuui vHui devant les gêna onr,
El afTLibler ma renardie
Du mantel de papeUrdie.
A. O fol diable quel est Ion dîct,
El ce que tu as ici dlai
F. Quoy : A. Urans desioyaulez apencs.
Ne crains-iu donc pas Dieu? F. Non certes.
Car à peine peut homme aiteindre
Chose grande qui Dieu veui craindre.
Pour trois raisons j'ay allégué ces passages, pretnièremeiit pour mieuï faire entendre cesie histoire touchant cesi évangile supposé (lequel j'avois omisci-d£»> sus, en parlant des autres», Comm'esiant fort mémorable: secondement, pour faire mieux congnoistre que contenoyent ces livres de Guillaume de S. Amour, qui furent abolis par lesusdici pape Alexandre mi ; tiercement^ h-fin qui; le lecteur sçcust que non seulement ses livres furent abolis, mais ai'ssi luy fut banni du royaume de France pour avoir dict la vérité. Toutesfois il faut noter que celuy qui environ l'an 1260 ne fut que banni, s'il eust esté trois cents ans après, U n'cusi pas esté quitte à si bon marché, mais on l'eust faict disputer contre les bourrées et &gots, aussi bien qu'on a faict un' infinité d'autres depuis dnquant'ans. Quant a l'histoire que j'ay dict estre fort mémorable, je la trouve telle pour une considération : c'est qu'en rapportant ce temps-là au nostre, nous voyons clairement combien est grande la subtilité et finesse du diable. Car il me semble avoir joué en ccst endroit [j'enten quant à faire valoir ce faux évangile) un tel tour que les princes jouent quelquesfois à leurs sujets : quand les voyans se fascher du mot de taiUes ou imposts, ils usent du mot d'emprunts, et cependant