‹ Apologie pour Hérodote (volume 2)Chapitre 186 sur 223 · CHAPITRE XXXIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXIX

» ment, » dit le roy, « vous estes un grand fol de dire m cela, comme s'il n'y avoit pas de Teau béniste aussi û bien au pays dç l'empereur, qu'au mien, pour faire 9 fuir les diables. » Alors il répliqua , t- « Sire, vous » me pardonnerez s'il vous plaist : je croy bien qu'un 9 jeune diable qui ne sçauroit pas encore son mestier, » s'enfuiroit pour de Teau -béniste : mais un diable qui » auroit esté autresfois Godon, toute l'eau béniste du » monde ne le feroit pas fuir. » La troisième rencontre, ou facétie, est encore plus récente : car l'auteur est le greffier Lori, qui dict à un certain cardinal, parlant d'une femme qui avoit le diable au corps, lequel on ne pouvoit faire sortir par aucun moyen, «Il y a» (dict-il) « bon remède : il ne feut que bailler à ceste » femme un clystère d'eau béniste. » Sur le purgatoire aussi se faisoyent desjà devant nostre temps plusieurs risées, comme de vray c'a esté une invention vrayement ridicule (i). J^en raconteray deux dont il me souvient. Le pape Clément viii estant assiégé au chasteau S. Ange, avec quelques prélats ses amis , un gentilhomme Rommain vint à dire, « Jusques à présent j'ay » creu que le pape peut délivrer les âmes du purga- » toire : mais maintenant voyant qu'il ne se peut déli- » vrer soy*mesme de prison, je suis contraint de croire » que beaucoup moins il peut délivrer les âmes de » purgatoire (2). » L'autre risée fut faicte à Florence il y a assez longtemps : et fut telle : Un Florentin estant importuné par quelques Cordeliers de faire dire des

(i) « Cette sorte de clystère fut depuis en usage eatre les Mignons, sous le roi Henri III, comme un préservatif assuré contre les mauvaises suites de Varrière-vénus. » Le Duchat. Cf. Brantôme, éd. LAlanne,t. IX, p. 177 et 181. M. Louis de Landes, Glossaire erotique, Bruxelles, 1861, a mal expliqué arrière-vénus.

(a) Sur le Purgatoire, voy. Dialogue de M. Bernardin Ochin, Senois, réimprimé sur Sédition originale (iSSgj, avec notice et portrait, Paris, Ubr. générale, 1878, in-ia.

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messes pour lircr de purgatoire l'ame d'uB sien 61s : « Allez, » dici-il, leisivous la délivrez par yos messe*, • je vousdonneray un escu. » Eus inconiÎDeni qu'ils curent dict les messes, n'oublièrent de Tenir quérir l'escu. Mais le Florentin leur fit response, — • Faitespi moy apparoir que vous l'avei délivrée de pui^toire ■ avant que je vous donne l'escu. • En la fin les Cordeliers, apr^s avoir long temps contesté contre loy, se reiirèrent vers le duc, le supplians de leur rouloir faire iustice. 11 le fil donc appeler, et luy deœand» pourquoy il ne leur payoit ce qu'il leur avoit promii. A quoy i! respondii qu'il ne leur avoit promis sinon 1 la condition qu'ils délivrassent de purgatoire l'ame de son fils : et qu'incontinent qu'ils luy feroyent sppanxr l'avoir faici, il les payeroît. Ce qu'oyant le duc, se retourna vers les Cordelicrs, et leur dict, — ■ Il ha ni- " son : ei pourtant faites que l'ame par vous dëlirrée

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