‹ Apologie pour Hérodote (volume 2)Chapitre 187 sur 223 · CHAPITRE XXXIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXIX

qu'il les délivroît d'enfer. Car sur le purgatoire, il ha deux choses à prouver : premièrement, qu'il y a un pui|gatoire, secondement qu'il en délivre les âmes : au lieu que chacun croit desjà qu'il y a un enfer : ainsi i^'eust resté qu'à prouver qu'il délivroit les âmes d'iceluy.

Quant à l'adoration des saincts, il appert aussi par certaias proverbes anciens, qu'aucuns y usoyent de quelque discrétion plus que les autres.. G>mme (pour exemple) ce proverbe, // n'est miracle que de vieux sainctSf ne peut estre venu que de ceux qui estoyent d'opinion qu'on s'adressast plustost aux. anciens saincts qu'aux modernes : lesquels tacitement ils condiaoïnoyent, pour le moins déclaroyent qu'ils devoyent estre tenus pour suspects. Mais il y a un'autre chose à noter quant à nos prédécesseurs, c'est qu'ils ne tenoyent pas si grand conte de leurs saincts qu'ils ne leur chantassent bien leur leçon, et parlassent à eux des grosses dens, quand ils leur sembloyent avoir tort, en quoy ils se monstroyent plus hardis que n'ont esté leurs successeurs. Tesmoin le Florentin qui dict à S. Jan Baptiste (c'est à dire à son image) : Que de Dieu sois tu maudict : tu as tousjours esté mesdisant, et pour cela mesme Hérode te coupa la teste. Et qui le mouvoit à dire ceci, je l'ay récité au chapitre xiv (i), où aussi SQnt les mots Italiens, ausquels respondent ceux dont î'ay ici usé. Or au mesme livre dont j'ay pris ceste histoire-là (intitulé Piaceyole^e del piovano Arlotto) (2)

(i) T. I, p. 3oa.

(a) Facette, piaceyole^^e, ecc. (In fine) Impresso in Firenie per Bemardo Zucchetta, ad instantia di Bemardo di ser Piero (Pacini) da Pescia, s. d., in-40. Cette première édition fat imprimée vers i3oo. M. Pauano (I novellieri italiani, 1878) croit que U plupart des éditioaa fiûtet antérieurement à celle des Giunti sont copiées dessus. L'éditioo des Giunti est de i56o. M. Passano dit encore que les facéties ont été traduites en français sous le titre du Patron de thonnête

le trouve cest outre, qui vient au mesme propos. Un chaircuilier de Florence avoit accouslumé de veair faire ordinairement ses dévoilons et donner des chaadelei k l'image d'un J^sus Christ fort jeune (à-sçaToir de Cest aagc qu'il avoit quand sa mère le trouva an templt conférant avec les docteurs) : et s'esioii aiiui entretenu en sa bonne grâce par l'espace de plus de vînt ans : nu bout duquel temps il avint qu'une tuile tomba sur la teste de son (ils, et la luy accoustra Je telle façon qu'on n'espe'roit point qu'il en deust iMchnpper. Ce que luy voyant, il s'en vint trouver son jeune Jésus Christ, luy apportant un assez beau cierge, au lieu qu'il n'avoit accoustumé de luy apporter que des ctiandeles : et luy (il ceste prière, Doice sigwrt mia Jcsti Chrislo, io li priego, renda la sanita, tu. C'est ^ dire, o Mon cher seigneur Jésus Christ, je te • prie de rendre la santé â mon fils que j'aime tant.

■ Tu sçais qu'il y a plus de vint ans que je te sers fidi-

■ lemeni, pendant lesq,uels je ne l'ay jamais requis

■ d'aucun plaisir : maintenant je suis venu pour me

■ recommander à loy, ayant mon fils en danger de D mori, qui est tout mon bien et toute mon espé-

■ rance : de sorte que s'il mouroit, incontinent après 1 luy je mourrQis désespéré. Pour k moins dois-tu t avoir esgard il la dévotion qu'il te porte aussi bien

■ que moy. » Ayant faict cest'oraison, s'en retourne en sa maison, où il trouve son fits mon. Et pourtant le lendemain estant en grande cholère, s'en vint de grand malin trouver son petit Jésus Christ, sans luy porter aucune chandelle : et luy vint à dire, sans s'agenouiller et sans oster le bonnet, " Je te renonce, et

rallltn--. li'rci qui n'en contient -juc 4.S. et il omet notre induclioB, i>4rli, I cmcrrr, 1X7], qui en rcnrermc Eo, Quant k M. AnbeiliB '|jjn(r«r CI HlUr*tMre /ranpaila au moyen àgt, 187BJ, il hit d'Arluiio un anlnr, qu'il plicccntrt PoggcelMaleipiiul

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