CHAPITRE XXXIX ÎSj
nécromance, il n'eust pas esté conseillé de ce faire. Et ce qui me le Mt penser, c'est que le maistre des nécromanciens (qui est aussi le précepteur des sorciers et de toutes sortes de magiciens, ne veut point de mal à ce dieudepaste, ains s'accorde très-bien avec luy. Qu*ainsi soit, Tan i538 furent brûlez quelques prestres en Savoye pour estre sorciers, et entr'autres fut brûlé un à Rolle (qui est un bourg à quatre lieues de Lausanne), ensemble sa paillarde, qui estoit aussi sorcière : lequel confessa avoir esté vint-quatr'ans sorcier, pendant lesquels il n'avoit laissé de chanter ordinairement sa messe. Ce qui me fait dire qu'il y a un grand accord entre le dieu de la messe et le diable : car si autrement estoit, comment ce prestre sorcier eust-il esté capable de chanter la messe, veu que devant quVstre des disciples du diable en cest art, il faut se donner à luy, corps et ame, tripes et boyaux, et renier Dieu son créateur, renoncer à son baptesme? ainsi qu'on peut voir par les procès qui se font contre les sorciers et sorcières. Ce ne fut donc point par le conseil du diable (comme je pense) que Hildebrand jetta rhostie au feu, mais il fut despité de ce qu'elle, qui estoit appelée dieu par ceux de la religion, ne sçavoit pas donner response aussi bien qu'un Apollo dieu des payens, ou un Bacis, ou une Pythie, par leurs oracles.
Que si quelcun ne peut encore croire par ce que je vien de dire, ni par ce que j'ay raconté ci-dessus en divers lieux (et notamment où j'ay parlé de l'hostie empoisonneresse), qu'il y ait accord, voire intelligence, entre le diable et le dieu de paste, j'allègueray ici des tesmoignages de ceux mesmes qui sont les sacrificateurs de ce dieu : lesquels tout d'un train serviront pour la continuation de mon propos touchant la profanation susdicte. Et premièrement j'allègueray le tesmoignage