CHAPITRE XXXIX SSq
» bles : monsieur se courrouce. » Aussi faisoit le gentilhomme de Lorraine, qui disoit à un sien fils (qui n'estoit pas fort amoureux de messes), a A la messe de 0 par tous les diables, à la messe. » Mais voici une question qu'on me pourra faire, si ainsi est que le diable s'accordoit et s'accorde bien avec le dieu de paste, et sont amis, d'où vient que les prestres le menacent quelquesfois du diable ? comme (pour exemple) un messire Jan au pays de Lorraine menaçoit son dieu de le donner au diable. L'histoire est telle : Un qui vouloit mal à un messire Jan, et avoit grand'envie de le dober (i) la première fois qu'il le trouveroit^ l'ayant rencontré par la ville portant son dieu, « O comme je te s froterois maintenant » (dict-il), « si ce n'estoit pour » le respect du dieu que tu tiens. » Alors messire Jan, se sentant bien homme pour luy, respond, — « Ne lais- » sons point pour cela de voir lequel de nous deux » sera le plus fort pour porter les coups. Voilà mon » dieu à terre » (car il l'avoit mis là, pour se reposer^ et juger cependant des coups), a au diable soit-il donné » s'il se mesle ni pour l'un ni pour l'autre. » C'est ici (di-je) une question qui est à la vérité plus que Sorbonique : voire plusieurs ont esté proposées es conciles qui ne la valoyent pas : car comment se peut faire, veu qu'il y a accord et amitié entre le dieu de paste et le diable (ainsi qu'il a esté monstre ci-dessus), que le dieu de paste ait peur de luy, comme monstrent ceux qui luy font telles menaces? On me peut encore faire une obj::ction, prise d'un acte qui fut faict il y a environ trent'ans par un prestre Savoyen, curé ou vicaire d'un village dict Felinge (2), auprès de Bonne, en Fous-
fi) Nous écrivons dauber. De Tanglo-saxon dubban, frapper. Dans le Livre des Métiers, on trouve redauber, qui est à rapprocher de radouber et à' adouber.
(2) Fillingesi Haute-Savoie, canton de Reignier, arr. de Saint-Ju-
signi : car ses pnrroiçiens l'estans \-enos quérir faire cessLT UT1 griind orage (pourceqa'il s'estait qu'il ne faloii craindre lempeste ni orage eiî s roice pendant qu'il y auroit le pied), il usa pm mijni de force conjurations qu'il sçavoit par i puis apporta son bréviaire et son mcssel, et choi plus riJbarbaiivcs qui y fussent (estant ccpendan un arbre qui le dêfendoit un peu de ladicte teni et outre cela se faisant tenir à quatre ou cinq ds de renverser!, voyant en la fin que tout cela ne s de rien, apporta son sainct sacrement, c'est à di/ dieu de pasie, et luy tint ce laoguage, o Connii )■ ne pie for que le diablo, ze te zeteray depi. j paco. n C'est h. dire, u Par le cor dieu, si tu n'es •I fort i^ue le diable, je te jetteray dedans la fen Voici (di-je) un'auire histoire sur laquelle on fonder un'oh)ection semblable h la précédente