‹ Apologie pour Hérodote (volume 2)Chapitre 20 sur 223 · CHAPITRE XXn · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXn

que ce soit cum intentione consecrandi : et s'il n'y a point de mal de jetter un enfant en un puis, pourveu que ce soit cum intentione bapti^andi, ainsi que disent quelques gloses : quel mal y aura-il non plus de s'enyyrer cum intentione missificandi? Et pourtant on eut raison d'excuser et supporter l'acte d'un povre curé auprès de Fère en Tartenois, lequel avec intention de chanter gayement le sacrifice de la messe le lendemain au matin, avoit si bien sacrifié à Bacchus le soir de devant, que le lendemain au lieu d'administrer le baptesme à un enfant, il luy administra l'extrême onction. Aussi estoit bien à excuser celuy qui ayant ainsi Taict ses préparatiUs le soir auquel chacun crioit Le roi boit, chantant le lendemain sa messe, s'endormit à son Mémento; et se resveillant ajousta à son Mémento à haute voix. Le roi boit. Mais celuy de S. Marri à Paris, qui s'estant endormi sur son Mémento, se laissa desrobber son calice et sa platine, par un qui luy aidoit à dire messe, et puis estant resveillé, sortit *en la rue crier au larron, fut mocqué à bonne raison, comme mal-avisé : car il devoit avoir marchandé premièrement avec luy qu'il vouloit avoir pour luy aider à dire messe. Au demeurant ce dormir luy procédoit (comme aux autres) du devoir qu'il avoit faict de s'apprester à bien chanter.

Et puisque je suis entré si avant en ce propos des bons gaudeamus des gens d'église, je diray un mot en la faveur des povres prestres prestrizans ou messotizans, non pas pour affection que je leur porte, mais pour la pitié qu'ils me font : c'est que s'ils sçavoyent bien débatre leur cause, ils pourroyent monstrer qu'on leur Élit grand tort en ce qu'on leur taille les morceaux si cours au pris des prieurs, abbez, et autres qui sont audessus. Car si le sacrifice qu^ils célèbrent tous les jours est conforme à celuy que célébroyent les

44 APOLOGIE rom bemdote

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