CHAPITRE XXXIX Sgg
teur des besaces, passa pardevant le logis d'un boucher : où le valet ayant sonné la clochette , la femme vint ouvrir, et les ayant faict entrer dedans, leur alla quérir quelque pièce de chair. Cependant ce bon frère ayant apperceu deux beaux pourceaux se goguayans (i) sur un fumier, attendit que la femme fust revenue : et alors se tournant vers son valet, « Cest grand dom-
> mage » ( dict-il ) « que ces deux belles bestes meu-
> rent si soudainement. » Geste femme dresse Toreille à ce propos, et Venqueste plus avant du beau père. Lequel luy feit response, — « M'amie, je ne vpus puis » dire autre chose sinon que ces deux pourceaux me
> font grand pitié, qui s'en vont mourir soudaine- 9 ment : et si il n'y a homme vivant qui s'en peust
> appercevoir s'il n'ha la grâce du benoist S. Antoine. • Mais il y auroit bien remède si j'avois deux des glans » que le secrétain de notre église bénit tous les ans. » La femme, l'ayant prié à jointes mains de luy faire tant de bien que de luy en donner , avec promesse de recongnoistre ce plaisir, il commença à regarder son valet ( qui estoit faict au badinage, et au proufît de la besace), et luy demanda s'il en avoit de reste de ceux qu'il avoit donnez au village duquel il estoit nouvellement sorti. Le valet, après avoir bien cerché, respond
(i) De gogne. t Gogue est une sorte de farce composée de diverses bonnes herbes potagères, lard haché, œufs, fromage et espices, le tout incorporé et broyé avec le sang d'un mouton fraischement esgorgé et mis dans la pance du dit animal, puis bouilli avec autres viandes, laquelle aucuns ont en délices. Et au pluriel gogues ou goguetes se prend pour gaye et plaisante ou joyeuse humeur, comme Estreen ses gogues ou goguetes. » Nicot. Gogue vient du bas^bret. gôgé^ tromperie, raillerie. (Legonidec.)
Tandis que le banqueroutier Dans un asile sûr fait de l'huître gogaille, Il se rit du sot créancier Et ne lui laisse qu'une écaille.
Le Noble.
APOLOGIE POUR HERtœOTE
qu'il n'en trouvoit que deux, lesquels il gardoil Itur asne, qui csioit souvent malade. A quoy i plique, — a Si nosire asne devoit mourir, si faut-il g plaisir h. cesie bonne dame, que je congnoy esin > affeclionniic ii nostre religion, o Et cependant œil envieux ayant guigné une pièce de toile, luy en continuant son propos, o Ma bonne sœur, je i a scurc tant de vostrc libéralité, que vous ne refu! " un peu de linjje pour les povres malades de ai " raaijon, i> Elle luy offre et linge cl tout ce qu^l dm, pourvcu qu'il se haste de remédiera ce mal, nani donc ces deux glans en sa main, il demande vaisseau plein d'eau, dedans laquelle il met un pe sel: puis s'estant descapluchonné , vient â dire {• menus suffrages [le valet respondant tousjoursAm et la femme avec ses enfans estant cependant à finuk). Les oraisons cstans dictes, il met ces glatv lyant brouillé le