CHAPITRE XXXIX 4l
outre tout- ceci des charbons sur lesquels fut rosd le bienheureux martyr moasieur S. Laurens. Et puis il dict : « Lesquelles choses j^'apportay deçà dévotement (avec moy. Toutesfois mon supérieur n'a jamais
• souffert que je les aye monstrées , jusques à tant » qu'il a esté deuement certifié si c'estoyent elles ou
• non : mais maintenant que par certains miracles
> qu'elles ont &ici, et par lettres qu'il a receu du pa-
■ triarche, il en a esté bien certifié, il m'a donné per-
■ mission de les monstrer : et ne m'en voulant fier i
■ autre , je les porte tousjours avec moy. Il est bien
■ vray que craignant que la plume de l'ange Gabriel
• ne se gaste, je la porte en une petite boiste : et les
■ charbons sur lesquels fut rasti S. Laurens, en un'
■ autre, qui luy resemble si bien que plusieurs fois je
■ pren l'une pour l'autre : comme il m'est maintenant » avenu. Car pensant apporter la boiste où esioit la
• plume, i'ay apporté celle où estoyent les charbons.
• Mais je ne pense point qu'il y ait tàute en ceci, ains
• que Dieu l'a ainsi voulu, et que luy-mesme m'a mis
> entre les mains celle des charbons : car je me suis
> souvenu tout maintenant que la feste S. Laurens est
■ d'ici à deux jours : et par ainsi, etc. i Car je laisse le reste k ceux qui en voudront sçavoir plus avant : confessant que ce comte est enrichi (comme sont les au-
- très du mesme auteur), mais enrichi de menteries Goustumières et ordinaires aux cafars, lesquelles pour cette raison je n'ay voulu omettre.
Vous voyeE, lecteur, comment leurs foux miracles ont esté descouverts, aussi bien que leur autre tromperie : mais tout ainsi que les aveugles ne voyent non plus quand il fait beau temps et serain que quand le ciel est nubileux (i), voire non plus en plein jour qu'en
|i| Unri ne àoant que du ncmpln da tau figuré : ■ un lir iinbi-
pleine
devons-nous penser que le monde a\oii ttllemeni perdu l'usage des yeux à tciiJL'mcnt a l'endroit de ce qui concemoit la n que I0O4 i:es abus luy passoyent par-devant icei L'strc par luy congnus. Car mcsmes on a vcu quî fois avenir que k- peuple se cnutinoit contre «i disoyent, ce qu'on avoit pensé estre miracle, a»D trouve faux miracle : combien que Tabus eu; descouvert par les juges du lieu. Voire en sont )U5L]ues-là quelquesfois, de vouloir rompre les ] qu'on leur l'^rmoit après que l'abus estoit fort bici iiJ. Sur quoy il faut noter ce qui a esté did ch.ipitre. que cela mesmement qui leur devoit d'cnt:larcissemi:nt, a esté par eux tellement ren qu'IU s'en sont aidez à l'entretenemeni de leurs bre>. Ur s'ils se sont monsirez bien aveugles, t se so:it-iliî monstrez plus sourds, car nous sç lanin Luther laprès le?