‹ Apologie pour Hérodote (volume 2)Chapitre 33 sur 223 · CHAPITRE XXIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIV

hommes tousjours depuis sont allez en empirant, et encore plus les gens d'église que les séculiers (comme tesmoignent mesmement les trois prescheurs que nous avons souvent alléguez ci-dessus), ces cruautez doivent estre tenues pour bien petites à comparaison des autres qui sont suyvies. Ce que toutesfois si on ne veut croire, qu'on lise les procédures qu'aucuns moines et prélats ont tenues de nostre temps contre ceux qui ne vouloyent adhérer à la religion Rommaine, et de quelle sorte ils ont traité ceux qui sont tombez en leurs mains. Et entr'autres de frère Jan de Roma, Jacobin, inquisiteur de la foy, complice des persécuteurs de Merindoi et Cabrière, qui de jour en jour inventoit des tourmens pour faire endurer à ces povres gens et à leurs adhérans : du nombre desquels tourmens estoit cestuy-ci, qu'il emplissoit des bottines de graisse bouillante, et puis les faisoit chausser à ceux lesquels il devoit interroguer : à-fîn que ceste extrême douleur qu'ils sentiroyent, les gardast de respondre si pertinemment qu'il fust rendu confus (i). Et ne faut demander si telles gens alors avoyent moyen de des-

tollendorum castrorum, Bonconventum properat parum XII militaribus a Sena distantem, ibique viam universœ camis ingressus est regni sut anno V, Imper ii autem anno I, mense I et die XXIV in festo S. Bartholomœi. n

(i) Voy. De Bèze, Hist. ecclésiastique, 3 v. in-8, Lille, 1841. Nous complétons Estienne par cet extrait du t. I, p. 23 : «... de quoi averti le roi, quelque adversaire qu'il fust de ceux qui tenoient autre religion que lui, commanda qu'en toute diligence il fust appréhendé. Mais le moine, averti de bonne heure, se sauva dans Avignon, là où ayant etchappé la main des hommes, il tomba entre les mains du Dieu ▼ivant qui en fit une terrible justice au veu et sceu d'un chacun. Cartost après il fut privé de toutes ses pilleries par un autre larron et frappé en ton corps d'une maladie si horrible et si puante que nul ne pouvoit approcher de lui, et finalement mené à l'hospital, finit ses jours en une horrible détresse, étant pourri tout vif en tous ses membres, grinçant les dents et criant que quelqu'un le tuast, après qu'en vain il eust essayé de se tuer soi-mesme. • Cf. ch. XXVI.

ployer leur furieuse cruauté contre telles personnes, veu qu'ils se donnoyent une puissance presque royale. Dequoy sans ccrcher exemple plus loin, nous Usons de ce mesme moine, que sous prétexte de l'office d'inquisiteur, il estoii accusateur, juge et partie : menant par le pays de Provence un nombre de meschans gamemens bien ^quippez, et par les lieux oii il passoit (prioci paiement es villages) rompoit les coffres, prenoit or cl argent, et autres biens qui estoyent aiseï à emporter : et ceux qu'il ne pouvoîi piller en ceste façon, il les pilloit par amendes, condaronalîons et confiscations de biens.

J'avois délibéré de mettre ici fin à ce chapitre : mais il m'est souvenu que je n'avois faict mention, entre les autres homicides, de ceux qui î'avoyent esté d'euxmcsmes. Ce que j'ay mieux aimé mettre ici un peu loin de sa place, que du tout omettre. El loutesfois sens d'église qu'on trouve avoir esté n

Page 1