‹ Apologie pour Hérodote (volume 2)Chapitre 53 sur 223 · CHAPITRE XXVI lo · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVI lo

BA de ses médedns qui trouva cest expédient, de £ûre ▼enir un homme botté et esperonné tenant de grandes lettres, heurter à la porte assez rudement : lequel criast grâce, incontment qu'il seroit entré. Ce qui fut ainsi fiûçt, mais non sans exposer le patient en grand danger de sa vie : car ayant ouy ainsi heurter à la porte, il se persuada que c'estoit le bourreau: et combien que cest homme botté et esperonné sceust bien jouer son personnage, il eut grand'peine à luy faire croire que le roy luy avoit ottroyé sa grâce. Toutesfois en la fin on le fit peu à peu s'asseurer et prendre courage. Et vescut encore quelque temps après, -au bout duquel il changea ceste tant misérable vie à une plus misérable mort, comme nous verrons ci-après. Maintenant je laisseray aux lecteurs juger en quelle misère devoit estre cest homme auquel sa conscienee donnoit tels assaux :• car il est certain qu'alors par occasion de la maladie, qui luy avoit altéré Tentendement, se monstroit par dehors ce qui souloit auparavant demeurer caché dedans. Or pouvons-nous bien penser que le chancelier pareillement avoit esté fort combatu par sa conscience, qui en mourant s'escria : c Haï cardinal, tu 9 nous fais tous damner. »

De la punition occulte (de laquelle on se doit asseurer que plusieurs sont frapper) je viendray à Tautre qui se fait devant nos yeux. Premièrement donc nous sommes appris par les sainctes lettres de recongnoistre au milieu des guerres, des pestes, des famines, la main de Dieu exécutant ses justes jugemens alencontre de nos péchez. Ce qu'aussi les prescheurs que j'ay alléguez ci-dessus, n'ont point oublié de remonstrer. Comme quand Menot dit, Quce est causa quod famés ioiiens régnât super terram, nisi peccata et iniquitates énormes quœ nunc régnant? Et Barelete, Nonne vidisti temporibus elapsis Jtaliam peste percussam ? Vere hoc

r04 APOLOGIE POUR HEHOnOTE

loiinn propler inaudUa peccaia hominiim et mulierum El encore Menot dît particulièrement des blasphé' maleurs que Dieu leur envoyé une rose rouge de Naples (i). Or si telles afflictions sont certains lesmoignagcs des péchez régnans au monde, ei qu'en nostre temps elles aycnt esté renforcées, voire redoublées, ceia ne sutBt-il pas pour nous monstrcr évidemment que la meschanccié pareillement est redoublée ? Toutcsfois [non intention n'est pas de m'arresicr à tels chastimcns ordinaires, maisplustostdcmonstrer (selon que porte le titre du présent chapitre) que comme nostre siècle ha des meschancelez plus estranges que jamais, aussi Dieu les chastie par façons plus cslranges. Et qu'ainsi soit, combien voyons-nous aujourdhuy de maladies nouvelles tenir le monde comme assiégé de toutes pars? Mais c'estoit bien raison que comme il ne s'estoit point contenté de tous les péchci de ses

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