‹ Apologie pour Hérodote (volume 2)Chapitre 57 sur 223 · CHAPITRE XXVI I 1 I · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVI I 1 I

professîofl cte l'ëvangiie, n'avoyent pas du bon alors en la Cour), foire la retourna tellement qu'on n'y recongnoissoit plus rien. Et encore ne se contentant de cela, Tinta Orléans (de laquelle ville il avoit obtenu Tévesché nouTellement) pour prescher fort et ferme contre la religion qu'il avoit paravant maintenue. Et de faict monta en chaire quelquesfbis : mais en un presche pendant qu'il desgorgeolt des blasphèmes contre la vraye religion et contre sa conscience, il fut saisi de quelque maladie, qui ne le laissa descendre de la chaire en la mesme sorte qu'il y estoit monté. On dit qu'elle fut talle que la moitié de son corps bruloit et l'autre estoit froide comme glace : on parle aussi d'une dysenterie. Tant y a que la mort s'en ensuivit en peu de jours, arec cris et gémissemens espouvantables. Or prieray-jc les lecteurs ne -trouver mauvais que j'aye ici mis les noms de quelques-uns, contre la façon que j'ay accoustumé de suivre presque par tout ce traité : et d'entendre que je n'ay point esté le premier, ains que je les ay trouvez ainsi nommez en trois divers livres publiez depuis peu de temps. Joinct que telles histoires qui redondent à l'exaltation des jugemens de Dieu, méritent bien d'estre enregistrées authentiquement. Toutesfois je me contenteray d'avoir mis les noms de ceux-ci, et espargneray deux autres (quant à leurs noms] lesquels je ne trouve point avoir encores esté nommez. L'un est encore vivant (s'il n'est mort depuis bien peu de temps), qui ayant premièrement faict profession de l'évangile, depuis estre devenu courtisan, a tellement voulu temporizer et s'accommoder aux humeurs diverses de la Cour, qu'il s'est laissé posséder d'une qui luy fait perdre toute la réputation qu'il avoit acquise par le passé. Tellement qu'on ne peut croire, à ouyr ses propos, qu'il soit celuy que Dieu avoit doué d'une si grande perfection en la congnoissance tant des langues,

que des sciences , qu'à grand'peîne depuis a-il este seconde. L'auire fut un qui avoit esté premièrement conseiller du Hoy Henri, et depuis par luy-raesme employé en divers ambassades : qui en perdant le goust qu'il avait pris à la vraye religion |de peur que cela ne l'empeschast du monter au degré auquel il aspiroit), perdit quand et quand une si bonne partie de son sens cl entendement, que eu qui lui en resioit luy faisoit grand besoin. Aussi avons-nous veu depuis peu d'années des jupemens de Dieu sur quelques princes, voire de si fraische mémoire et si notables qu'on ne les peut encores avoir oubliez : ei pourtant n'est besoin de la ramentevoir.

Or ce qui m'a faîct alléguer ces exemples des jugemens de Dieu sur tes persécuteurs plus que sur autres. c'fst pour ce que la persécution telle que nous l'avons voue, est vraycraent une chose propre et péculièrc à nostrc temps, et où s'est plus monstrée la cruauté ci

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