CHAPITRE XXXIV I
lors s'en voloyent tous, menans un grand bruit : et se dhisèrent en quatre bandes selon les quatre parties du monde, comme s'ils eussent voulu dire que la règle de S. François seroit renommée et semée par toute la terre. Item au fueillet 149 nous trouvons qu'une cigale demeura huict jours avec S. François au lieu de S. Marie : et conmie il l'appela, elle vola sur sa teste, et de là s'en alla, après avoir pris congé de luy. Aussi qa'un rossignol et S. François chantèrent un jour entier l'un après l'autre. Item au fueillet 114 il est récité qu'il fit arrester le caquet de quelques barondélies, les appelant ses sœurs. Item au mesme fueillet il est dict qu'après qu'en faisant le signe de la croix il eot guari un loup enragé qui avoit blessé plusieurs en la ville, il vint faire ceste stipulation avec luy, « Mon » frère le loup, tu me dois promettre que tu ne seras » jamais ainsi ravissant comme tu as esté, et pour cela 9 ceux de la ville te nourriront. » Ce que le loup promit accomplir, inclinant la teste évidemment. Alors S. François luy dict, « Donne moy la foy. » Ce disant S. François lay estendit sa main pour le recevoir : et le loup levant sa patte droite, la mit doucement entre les mains de S. François. Lequel luy dict, « Mon frère le loup, je te » commande au nom de nostre seigneur Jésus Christ » que tu viennes maintenant avec moy. » Ce que fit le bup. On lit aussi de plusieurs autres saincts qui prenoyent plaisir à deviser avec des bcstcs, mais je croy ceste fraternité avec les loups cstrc péculière à S. François.
Et à propos des bestes, qui se pourra garder de rire quand il lira que S. Macaire fit sept ans pénitence es e^Mnes et buissons pour avoir tué une puce ? Ceci, à dire la vérité, est encore bien autre chose que la pénitence que ûx S. François pour avoir mangé coquinam de lardone. Je n'oublieray pas un autre acte du mesme
ominiquc, récité vers la fin de sa légende, acte ;ment li'un bon compagnon, pour le moins récité Ile sorte qu'il est pour faire rire les bons compas. ei leur donner matière de gosser. C'est qu'une lain dicte Marie estant malade en la cuisse, endura j mal l'espace de cinq mois, sans espérer qu'ell'en [ eschappcr. Alors elle dict en soy-mesme qu'elle ■ senioii digne de prier Dieu ni d'estre ouye de CI pourtant pria S. Dominique d'estre médiateur : Dieu et elle, pour lui impéirer te bénéfice de ■. El après ccste oraison s'estant endormie elle vit ts de soy S. Dominique, qui tira de dessous sa pc un onguent ( 1 1 de grand'odeur, duquel il luy it la cuisse. Et quand elle demanda comment cest n:[it s'appeloit, S. Dominique respondii que c'clonciion d'amour. Maintenant je laisseray intcr- T ceci au lecteur comme bon luy semblera, sans tout ce que j'en pense. Je diray bien cela, que je
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Mais après soapper S. Germain fit apporter tous les os demis la peau, et ayant faict son oraison dessus, le feau se leva sur ses pieds au mesme instant. Le len* demain il vint trouver le roy, et luy demanda, usant de grosses paroles, pourquoy il luy avoit refusé sa maison. A quoy le roy ne luy ayant sçeu respondre, S. Germain luy dict, « Va hors, et laisse le royaume à
• un meilleur. » Et lors S. Germain fit venir ce bouvier avec sa femme par commandement, et Testablit roy devant tous: qui s'en esbahirent. Et après ledict bouvier et ses successeurs aussi eurent ce royaume.
Item en la légende de S. Cosme et S. Damien (i) nous lisons ceste histoire fabuleuse, mot pour mot : Félix, pape huictième, après S. Grégoire, fit une noble église à Romme à Thonneur de S. Cosme et S. Damien : et un honune servoit les saincts martyrs en celle église, auquel le chancre vint, et avoit toute la cuisse gastée. El celuy dormant, les saincts Cosme et Damien s'apparurent à luy, et portoyent avec eux ferremens et oignemens (2). Et Tun dict à l'autre, « Où prendrons- 9 nous chair pour remplir le lieu dont nous osterons I la chair pourrie? » Et Tautre dict, — « Un Ethiopien I est aujourdhuy tout frais enseveli au cimetière sainct
• Pierre aux liens : apporte-nous de sa chair pour met* t tre ici. » Et lors il alla au cimetière, et porta la cuisse de ce mort : et coupèrent la cuisse du malade, et boutèrent au lieu la cuisse du mort : et oignirent la playe diligemment, et portèrent au mort la cuisse de celuy.
11} O. Dehn. Syntagmatis historici seu veterum Grœciœ Anargyrormm Cosnut et Damiani partes 2. Vienne, 1660, in-4o; Bcerner, tk CotwtA et Damiano artis mediciiue dits commentatio, Heimentidj, 1751. in-4.«; Aeta Sanctorum, 27 sept., VII, p. 469; tu second concile de Nicéc, trois miracles de ces saints furent rappelés à l'appui àm coite des images, voy. Mansi, t. XIII.
(sJVoy. ch. XXXI.
uand il s'eïveilla il se sentit sans douleur, ci lain à U cuisse, cl ne trouva rien de sa bless -int la chaadelle, et quand it ne vit rieo de a cuisse, il se pensa que ce n'cstoit-il raie, ; t un autre. Et quand il fut retourné à soy, il 1 lict de joye. Et après il raconta aux autre uy estoit avenu en dormant, et comment il a gnén : et ils envoyÈrent hastivement voir au t du mort, ci trouvèrent la cuisse du mort cou cuisse de l'autre au tombeau en lieu d'icelle. ji voudra voir d'avantage de tels contes, lise li des légendes, lise Niccphore (qui raconte ei :s choses que long temps après que S. Jan C ime fut mort et enterré, son corps parla, au s l'empereur Théodose avoit escrit des lettres), crmons d'Olivier Maillard, et de Michel Me lur en trouver encore plus, lise /rucluostssi e amœnissimos sermones F. Gabrielis Bari 0 verbisdiortim cceiu diu desideratas: lise strm