‹ Apologie pour Hérodote (volume 3)Chapitre 103 sur 221 · CHAPITRE XXXIV 2o · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXIV 2o

miraculis. Cest à dire, Frère Thomas se coupa le pouce par humilité de peur d'estre prestre, et fut excellent en beaucoup de miracles. J'ay bien voulu, quant à ce conte, produire Toriginal, à-sçavoir les propres termes èsqueb il est escrit : pourceque j'ay pensé que le lecteur ne le trouveroit moins est range que je Tay trouvé : veu mesmement la raison qui est rendue, que ce fut par humilité : c'est à dire (comme je Tenten ) pour autant qu'il se jugeoit indigne de tant d'honneur que de célébrer la messe. Au lieu que le povre malheu* reux devoit au-contraire le se couper, et non seulement vouloir perdre un membre, mais mourir de mille mors, pour avoir horreur d'estre du nombre des messotiers, c*est à dire des bourreaux du corps de nostre seigneur Jésus Christ : je di bourreaux entant qu'en eux est. Or quelle punition il méritoit pour ceste tant indiscrette voire folle humilité, j'en laisseray le jugement à autres : mais la punition que le roy François premier de ce nom ordonna à deux qui s'estoyent coupez la main l'un à l'autre pource qu'on les vouloit envoyer aux galères, ce fut d'estre pendus et estranglez. Lequel conte j'ay ouy faire à feu Charles Marillac estant lors évesque de Vienne et ambassadeur pour le roy à Ausbourg.

Quant aux autres drogues mentionnées au titre de ce chapitre, j'ay entendu par ce mot autres contes qui ne viennent de mesmes boutiques, à-sçavoir des légendes des saincts : mais sont forgez les uns es boutiques des contemplations, les autres es boutiques des révélations, les autres en quelques autres boutiques secrettes. Car ces gentils prescheurs, et notamment les quatre que j'ay tantost alléguez, racontans un'histoire de quelque sainct ou saincte, quelquesfois disent l'avoir prise de sa légende, ou de tel ou tel auteur : quelquesfois en récitent lesquelles ils disent tenir de ceux qui

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les ODI eues par coniem plat ion ou révélation : quclquesfois aussi (el fort souvent) n'allèguent aucun auteur, mais se contentent de On dit, ou On lit. Ce que je di non seulement des contes qui se font touchant tes saincts, mais aussi touchant autres personnes, ei se font toutesfois ordinairement pour l'esgard de quelque miracle. Quant aux exemples, je les laisseray cerchcr es livres des susdicts prescheurs (lesquels entr'aulres docteurs contemplatifs allèguent Landulphus ci Bonaventura(ij : allèguent aussi quelques cscriis intitulez livres de révélations, et cntr'aulres libruin revelaiionum Elijabelhj, et metiroy seulement trois histoires (ou plustost fables] dont l'une est du nombre de celles que les moines et prcsires ovoyent en grande recommendalion, d'autant qu'elles aidoyent à faire venir l'eau au moulin. Et est telle [es sermons intitulez Dormi seatrt, in dedicatiant ecdesi^, sermone 68) : Legitur dt quodam sacerdote, qui in quadam mina liheravit ie purgatorio animas nonagintanovem : et quum interrogareiur, etc. C'est à dire, On lit d'un certain pmtre qui en une certaine messe délivra de purgatoire nonante-neuf âmes : et estant interrogué à quoy it âvoit tenu qu'il n'estoît venu jusques h cent, pour faire te conte rond, il respondil qu'une maudite porte en avoit este cause, laquelle s'ouvraot et bâtant contre ta paroy, par ce bruit luy avoit faict oublier où il en estoit ; et mesmes au lieu qu'il estoit lors ravi en contemplation, l'avoit desbauché de ce bon estât. La seconde histoire ou fable (histoire pour eux, fable pour nous) est telle, in naiivitate Domint, sermone 6ff, Unde legitur exem-

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