CHAPITRE XXXVIII
mot de courtisane (qui est le moins déshonneste synonyme de putain) a pris son origine de la cour de Romme, à-sçavoir des premières dévotes qui fréquentoyent plus que très-£Bimilièrement jour et nuit avec les prélats de Romme (1). Au demeurant ce propos des richesses papales me ramentoitle sermon d'un moine Gascon, auquel il preschoit que quand Tantechrist viendroit,Jl useroit d'une largesse incroyable, et n'espargneroit aucunement les présens pour gangner les cueurs des personnes : bref qu'il sèmeroit l'or et l'argent par tout. Par lesquels mots il fit si bien venir l'eau à la bouche d'un certain Gascon qui estoit l'un de ses auditeurs, qu*il cria tout haut, E diu quart hiera ed aquet bon Segno itantechrist ? Si ce povre Gascon (auquel peutcstre il y avoit grand pitié) eust esté averti qui estoit cest antechrist, il n'eust pas demandé quand il viendroit, mais seulement des lettres de recommendation pour luy porter (2). Il est vray qu'il luy eust falu apprendre (si des)ànelesçavoit)quelquemestier de ceux par lesquels on entre en crédit envers sa saincteté.
Je laisse ces grands terriens ecclésiastiques, et retourne à leurs supposts, employant l'autorité du bon prescheur Barelete, qui parle du proverbe qui couroit de son temps (et avoit couru long temps auparavant), Les prestres, les moines, la mer, sont trois choses insatiables. Et d'où pensons-nous que soit venu ce proverbe ? Il est certain que l'expérience commune Ta mis en usage : car quand on a veu les gens d'église tirer
(1) « Maretcatlus habet juridictionemin cortesanos seu nos et citriam mottram teqiuntes. ■ Balle da Ctux Benoît XIII, 1394. c Qk/mquj^nta meretrices konestœ cortegianœ nuncupatœ. • Journal de Bwckard.
(3) fyse wero Antiehristut, ut pessinue generationi satisfaeiat, apesmatorum irritamenta ^odiet et exponei », dit un docteur cité par Malvenda. De Antichristo, libri XI, Rome, 1604, in-fot., 1. VIII, c i3. Cf. Renio, V Antéchrist, 1873, p. 478.
s APOLOGIE FOUR HÉBODOTF
luli t de loul, on a dict ce qu'on voyoil loules le& heur iiiquer devant SCS yeux. Car non seulement on 1. ,oit prendre du vij et du mort [ainsi que porte le pn be l'ranvoii), mais à ceux mesmemeni qu'ils avoyei lillez et vifs ei morts, piller les enfans jusques à i \f,\i:mc L-t ijuatriËme, voirejusques à la dernière géni K>n, LtqiiLls moyens avoyent-ils si grandsde piller ^ abus leur esioyent des moyens les plus aiseï d nJc : II- nombre desquels abus nous sçavons avoi ; mlini, et pourtant ne se faut esmerveiller si leur iL-ssi.'s pareillement ont esté Infinies. Enir'auires ■ ce moyen merveilleux, de se servir des mons pou cr les \\ts et les morts: duquel seul je parleraypou 'rtsent. Je di donc premièrement que ce moyen h X parties, comme il y a deux sortes de morts. Un lie est par les morts qui sont canonizez, l'auifi lii; par les morts qui meurent sans canonizaiion sum ceux par lesquels je commanceray le présen xju^^l^onyu^ai^ieiyu^il^^on^em^