CHAPITRE XXII
Dl LA COURHAMDISE ET YTROKOHIRIB DIS OKNS D'ÉGLISE.
jN dit volontiers qn'après la panse vient la danse : et pourtant il semble qu'il eust esté plus convenable de parler en pre- : lieu de la gourmandise et yvrongnerie qui mènent la danse, c'est à dire mettent au chemin de paillardise, comme nous avons dict parddevant, allêguans plusieurs proverbes à ce propos. J'ay toutesfois parlé premièrement de ce vice que des autres, pour garder l'ordre que j'avoîs suivi parcidevant, me fondant sur ce que Juvénal avoit ilia, que la paillardise estoit beaucoup plus ancienne que les autres vices : combien que ce soit une parole pro* noncée à plaisir plustost qu'autrement. Je di donc premièrement que si nous voulons parler de la qualité des viandes avant que de la quantité (c'est à dire de la friandise avant que de la gourmandise), il ne nous faut que considérer ce qu'on appelle vin théologal, et ce qu'on appelle pain dcchapiire[i]. Carquand
II] • Una lagtna rini ikeologiei lire vermetti, • dit le Paaarant. • El bo»o riu) p/w quam tx q»ixnitqut atio polu geaerant»r et muUipIteantUT êplrltns mtliUs, ctari et puri. El inde eu ijHod Uuologi conlemplari lolili eirea altUtima, bona yina JUiguat. *
34 APOLOGIE POUR HÉBOnoTE
il est question d'eiprimcr en un mot un vin bon par excellence, et fusi-ce pour la bouche d'un roy, il faut venir au vin théologal. Pareillement s'il est question de parler d'un pain ayant toutes les qualitez d'un bon et bien friand pain ( voire tel que celuy de la ville Ercsus, pour lequel Mercure prenoit bien 1b peine de descendre du ciel, et en venir faire provision pour les dieux, si nous croyons au poète Archestrate)(i), nefaul-ii "a» viril r au pain de chapitre? Je di, au vray pain de c' dont ccluy que ven-
dent à Paris les boulen eienu le nom, mais
non la bonté, sinon qu' n-'ie. Or esi-cc Ih bon
commancemcnt ; car la feste i peut estre mauvaise où il y a bon pain et bon vin. vouant à ta pitance, en premier lieu II est certain que ce qu'on dit Traité en commissaire, de chair et de poisson, mériteroit bien mieux d'estre dîct traité i l'ecclésiastique [i]. Carpour qui achète-on quelquesfois les gros brochets six escus, sinon pour la bouche de nostre mère saîncie église? Qui pensons-nous qui a premièrement faict courir les chassemarccs, sinon nostre mère saincte église? Mais je confesse bien qu'ils ne mangent pas chair et poisson
ArnaUi de Viltanora Opéra, éd. Murchius Gonuensis, I.ugd, Fradin, iSog, in-[ol. t» i33, dans Je Coramenlam super ngimen Saler-
Pain de chapiiro i ■ le pain le plu» diilicai est celui qu'on appelle
(ij Voy. Aihin^c.tJ. Uinjur