CHAPITRE XXXVIII 3o
si bonne terre de miracles que les autres, ne mettons les meilleures qu'à cent mille escus (combienqu'il yen ait eu telle qui, a paraventure rapporté jusques à beaucoup de millions), les moyennes, qu'à soixante mille, les moindres, qu'à douze mille, et puis ayans conté combien il y en avoit (voire en ne prenant que celles dont la mémoire dure encore maintenant), cdcolons combien les reliques ont apporté de mille escus.
Lequel calcul toutesfois ne s'estend pas jusques aux reliques particulières que les porteurs de rogatons ou leurs compagnons faisoyent trotter par pays avec eux. Car quant à celles-ci, souventesfois elles estoyent désavouées par les gens d'église qui estoyent es lieux où lesdicts porteurs de rogatons passoyent. Lequel désavouement (i) procédoit en partie d'envie, en partie de crainte que le simple peuple s'appercevant de Tabus en une imposture trop grossière, ne commençast à tenir pareillement pour suspect tout le reste. Car il fout noter que lesdicts galans se moquoyent quelquesfois si évidemment et si impudemment des povres idiots, quant aux reliques qu'ils leur faisoyent adorer, que si on les eust laissez faire, le mestier en la fin n'cust rien valu ni pour eux ni pour les autres. Ils ne se contentoyent en desployant leur belle marchandise, de dire (je laisse les choses les plus communes) : Voilà en ceste phiole du sang de Jésus Christ recueilli sous la croix par la vierge Marie : item. Voilà en cest' autre phiole des larmes de Jésus Christ : item, Voilà des bandelettes dont la vierge Marie emmaillottoit Jésus Christ en Egypte : item. Voilà du laict de la vierge
(I) Ûésavouewient oe se troave pas dans Lacurne. Désaveu est pour M- Brachet an subsUntif verbal {dii-ad-votare}, tandis que M. Ejgger écrit : avouer, ad vocare, aveo, ad votMtn.
i APOLOGre POUR HÉRODOTE
■L' : iiiîm, Voilà des cheveux de la vierge Mî ne se contentoyeni (di-je) de cela, mais estoye 3ntez qu'aucuns onC dia : En ceste boiste (m: a faui pas ouvrir) y a du souffle de Jésus Ci ié sonpncusemeoc par sa mère depuis le lemps it pttii enfant. El enire ceus qui sont ven c impuiitnce, nous lisons d'un presire de Gei rctournani de Lcvanî, se vanta d'avoir apport hlfhtm ledicl souffle, ou halene : et du mont ; ir apportL- les cornes qu'avoit Moyse descen dvy. Et quand on le vint trouver pour luy rei r qu il sl' moquoit trop évidemment du peupl< vouloir faire à-croire qu'il y avoii du souffl 15 Christ en la phiole laquelle il monstroit, et cornci desquelles aussi il faisoii monstre, fu: es lie Moyse, on n'eut autre response de luy s , si on ne vouloit pas croire qu'il eust du souffl is Christ et les cornes de Moyse, ii ne croiroii