CHAPITRE XXXVIII SOÇ
semblables, si on veut prendre le loisir d'y penser. Pour le moins me souvient-il d'un qui est notable : c'est du coq qu'on o£fre (au moins on souioit o£frir) à S. Christophle en Touraine, pour- un certain mal (i) qui vient au bout du doit. En quoy (pour augmenter la superstition] on observe une chose, c'est qu'il faut expresseement que ce coq soit blanc : autrement au lieu de rendre sainct Christophle propice par ce sacrifice, ou oblation, on le courrouceroit. Quant au sacrifice messal, plusieurs ont monstre assez clairement qu'en partie il avoit son origine des payens : comme aussi on voit la plus part des cérimonies qui ont esté ajoustées à celles de la primitive église, avoir esté empruntées d'iceux, mais sans jamais vouloir rendre. Quant au purgatoire, on ne peut nier que les poëtes payens n'en soyent les premiers et les plus grands docteurs.
Mais laissant ceste correspondance qui est entre les saincts et les dieux payens (en la sorte que je l'ay proposée), je poursuyvray les offices et mestiers des saincts et sainctes, à fin qu'on congnoisse que les payens ont eu meilleure considération en cest endroit que n'ont eu les papicoles. Car les payens ont faict conscience, combien qu'ils eussent grand nombre de dieux, de grans, de moyens, de petis (ainsi qu'il y a des saincts) de leur départir tellement toutes les offices et tous les mestiers qu'ils ne laissassent rien à leur souverain dieu Jupiter, comme s'il eust esté inutile, et n'eust servi que de nombre : au-contraire les papicoles, sans
(i) t Apparemment celui qu'en Lorraine on appelle blanc mal et qu'ailkort on nomme mal d'aventure. » Le Duchat. « Lo bianc md. Le «al Maac o'est pas français. On appelle ainsi une tumeur phlcfmo- BCMe qui vient an bout des doigts. Quand elle n'occupe que les tégu- ■MUS, oo doit dire mal d aventure. On l'appelle panaris^ si elle tourne autour du doigt, et non pas tourniUon. » Michel, Dictionnaire des expressions vicieuses usitées,,, dans la ci-devant province de Lor» rnine^ Nancy, 1S07, in-8*.
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lir aucun csgard â cela, ont tellement employé l icrs en toutes leurs affaires et petites et grande ils se sont voulu passer de Dieu : ne luy ayant rcser re chose que l'office de pleuvoir, neger, greale ner : et cncores en la fin ont ils voulu que S, Gei jcfie (i) |et principaiementcelle de Paris) lehasla pltuvoir quand il arresteroit trop à ce faire, et le fi si cesser quand il pleuveroit désordonnée m eût ■ re mesure. Et quant aux tonnerres et foudres, i
vuulu que S. Barbe, laquelle ils avoyent faici ainctc des harquebouziers, prisi par mesme moye ;h;irpe de repousser les coups desdicts tonnerres i Jres. Il est vray que tous n'ont pas accordé que t
Dieu qui tonpast et foudroyas! et fist autres sorti empestes et orages, mais ont pensé que cela veno. diables : et qu'ainsi soit, ont usé de conjuration rri; ]cs. tempestes en s'adressant aux diables. Suivar