CHAPITRE XXXVIII ilj
lement jaçoit que j'aye dict que c'est le mestier de S. Wendelin garder les brebis, je n'ignore pas que plusieurs maintiennent que c'est le mestier de S. Loup : mais je puis dire pour ma défense, unde yersuSy Windlinus custodit oves oviumque magistros. Où il faut noter que le poète a rongné le nom de ce povre sainct pourcequ'il estoit trop long pour son vers. Voilà donc Tune des autoritez que j'ay suivies en assignant ce mestier à ce sainct : mais s'il est licite d'user de conjectures en telle matière, je me douterois fort que les uns n'auroyent point voulu de S. Wendelin pourceque c'est un nom qui sent son Allemand : les autres au-contraire l'ont encore mieux aimé que S. Loup, pourcequ'il leur sembloit que c'estoit une chose de mauvais présage de bailler des brebis en garde à un qui portast le nom de Loup, quelque beau sainct qu'il fust. Et de faictsi S. Loup me demandoit conseil, je serois d'avis qu'il changeast son nom. Il y a aussi de la controverse touchant celuy qui garde les agneaux (car ce sont choses à part, quand on parle des saincts, garder les brebis et
pourquoi Toffice de gtrder les oyes aura été assigné à S. Feriol. • Villon dit. Grand ttstament, CLVII :
Item sera le Senescbal Qui une fois paya mes dettes.
En récompense mareschal, Pour ferrer oés et canettes.
Selon P. Lacroix, ferrer les oies est une expression proverbiale dans le genre de celle-ci : mener les poules pisser, c'est-à-dire se mêler des petits soins du ménage. {Diet. de Le Roux.) En tout cas les oies ne jouent point de rôle dans la légende de S. Ferrée^ ; on les trouve dans celle de S. Guignolet (Cambry, Voy. dans le Finistère, t. I, ijSt, et dans celle de S. Rigobert.
Quant à S. Andoche, Le Ducbat trouve naturel que ce nom vienne d'anas et d'auca! Andocheus est syncopé pour âvà$OYiU( (Hesycbius) = 8vaSoYO((Plut.,Dio., i8),qui veut dire caution, et dont *Av00x{B?2< est un duninutif ( Pape-Benseler. Wœrterbuch). Andoche était un disciple de Polycrate d'Épbèse, et quand on l'interrogea, il répondit pour lui et ses compagnons : Orientales homines sumus, Acta Sanct., H sept.
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3l8 APOLOGIE POUt nfatODOTE
garder les agneaux) : aucani veulent dire que cfett Sainct Jan, aucum leur donnent un antre gardien : et de vray il y a bien peu diapparcnoe que S. Jan garde les agneaux» pouroeque la peau de lion qull porte, leur feroit peur. Item sdon aucuns S. Hnbeit garde les chiens : les autres disent qu'il est seulement veneur ou chasseur, et non gardien de chiens. Item, plusieurs donnent ft S. Main (i) l'olBce que nous avons donnée à S. Roch quant ft guarir de la toagpe et de la gale : mais ceux qui tiennent bon pour cestuy-ci, disent que ce titre n'a esté donné premièrement à S. Main que par des gros mnrauz tenans les carrefours, forges expresseement par luy pour contredire le mal S. Main. Aussi quant à la guarison de la goûte que nous avons attribuée ft S. Genou, plusieurs en donnent l'honneur à S. Maure. Et quant aux yeux rouges, les uns disent que c'est sainct Qair qui les guarit, les autres que c'est saincte Claire. Les autres disent que ni iuy ni elle n'y entendent rien, mais que saincte Otilie (qu'on dît communeement Otiie) ^2! guarit toutes maladies d'yeux. Toutesfois la bonne femme s'adressoit pour cest effect à saincte Claire, qui prioit un prestre de luy chanter une messe, où il mist de saincte Claire pour guarir ses yeux, de S. Avenin pour guarir sa teste, et de S. Antoine pour guarir son
(i) • \fira âum (morbum) statim super stitio excepit^ quibnsdam divi nescio cujus a nomine Menium vocantibus, aliis ab Jobbi scabie origincm repetentibus, quem credo in divos retulit kœc lues : kamd alio crédit us tune est languisse morbo Evagrius olim monachus, cum per déserta frigus immoderate ferens et cruda manducans papulis afficeretur. » Hutten, De gnaiaci medicina^Mog.^ i3i9, in-4*.
(3) I.e Duchat renvoie à Munster comme pour S. Valeniin. Mun!iter ne parle pas des miracles de S** Odile (v. p. 866 de Pédition préci-