CHAPITRE XXX Vin
0117 parler d'un certain S. René en Anjou (1), qui se môle de ce mestier : mais comment les femmes se gou- ▼ement autour de luy (qui leur monstre aussi ses belles armes priapales (2), comme j'aurois honte de l'escrire, autà les lecteurs auroyent honte de le lire. Je trouverois encore beaucoup de choses à dire sur ce propos, lesquelles la mesme raison me fait omettre. J'ajousteraj seulement ce qu'on raconte de Nostre-Dame de liêne : c'est que les femmes qui ne peuvent avoir enfiuu, tirent à belles dens (au moins souloyent tirer) les cordes des cloches de son temple.
Et de jalousie jamais fut-il médecin qui en sçeust goarir? Il est certain que non : mais de ce que tous
déroCioii lar la benoiste idole, qui ett gisante de plat, et non point debout comme les autres. Oatre cela il est requis que chacun jour ellea boivent un certain breuvage meslé de la poudre raclée de qMlqaetndroitd*icelle, et mesmementdu plus déshonneste k nommer. Or ai cela seul engrosse ou non, j'en laisse la décision k ceux qui ont forfé on qui entretiennent une telle et si vilaine dévotion, laquelle tcroit trouvée fort ettrange ti elle nous estoit racontée de quelques pcaplct barbant et payena : et que dirons-nous donc de la voir estre CB oaage entre ceux qui se donnent le nom de Cbrestiens ? Je ne sçay pas toatesfoia ai encore pour le jourdhuy ce sainct est encore en tel crédit qa*il estoit : pourceque ceux qui Tout veu (desquels je tien ce qaefeo ay raconté) disent qu'il y a environ douz'aos qu'il avoit ceste ptrtic-là bien usée k force de la racler. Il y a aussi au pays de Con- «■■tia CD Normandie (qu'on dit commnneement Contantin), un S. GiUca (a), qui n'a pas eu moins de crédit en ces affaires, quelque vidi et caduc qu'il fnst : selon le commun proverbe de ceux-là isrimri qui s'amusent k tels abus et qui les vendent aux autres, ^m'i7 ■Vif wuracle que de vieux saine tt.]
(I) Allusion de rein à René. On a supposé que S. René ne devait pas avoir moins de vigueur aux reins que S. Renaud. V inventaire dm Mteues dit :
Saint André pour les Bourguignons Et saint Renaud pour les rognons.
(1} Exemplaires cartonnés : [(qui leur montre aussi ce que l'bon- ■emté commande de cacher)].
(a) S. Gilles. L'Aleman nomme Schell une sonnette d'où eschiles
rur des clochenet dans Fœneste^ III. 7, et de là l'opinion que Gilles devait être un aussi bon faiseur d'enfans que S. Urelichon. i* Le Dnchat.
les médecins n'Ont jjomais sçen. fiùre, on dit qu'il y a un sainct à Tou qui en est grand ouvrier. Nous wnm» aussiS.Avertin,S.Acaire(i),S. Maturin (j'enten S- Maturin de TArchant, que les autres nomment S. Mathelin, dont vient Teste mathelineuse) (a), qui guarissent des maladies susdictes, desquelles nous sçgvons que les médecins ne peuvent venir à bout avec tout leur ellébore. Lesquels exemples suffiront pour monstrer combien grans médecins sont les saincts des papicolcs.
Il y a bien encores un' autre différence notable entre les saincts qu'on dit foire profession de l'art dç médecine en paradis, et les autres médecins qui sont parmi le monde : c'est que chacun de œa saincts peut envoya* la mesmc maladie de laquelle U peut guarîr. Et qu'ainsi soit, quand on dit le mal S. Main, le mal S. Jan, c'est aussi bien à dire le mal qu*îls envoyent, que le mal duquel ils guarissent. Il est vray qu'il y a des saincts plus colères et plus dangereux les uns que les autres : entre lesquels S. Antoine est le principal, a cause qu'il brûle tout pour le moindre despit qu'on face ou à luy ou à ses mignons. Car si quelque injure est faicte à ses mignons, soyent hommes, soyent pourceaux [car il entretient les deux], ils prient incontinent leur S. Antoine en venir faire la vengeance, et alors le diable y est. Quant aux pourceaux, il est vray qu'ils ne disent mot, mais ils n'en pensent pas moins : d'autant que ce sainct ne les laisse pas demeurer si bestes qu'ils sont de leur naturel. Or peut-on bien dire de ce sainct et de quelques autres des plus colères et des plus dangereux, ce qu'un poète Latin a dict généralement
(i) « Lc< autres pcn<tent qu'acariastre vienne plustost deS. Acaire« auquel on menoit les acariastres en pèlerinage pour Ie$ guarir. Mai -*
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