‹ Apologie pour Hérodote (volume 3)Chapitre 162 sur 221 · CHAPITRE XXXVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXVIII

de G>longne ont les trois Rois, les Milanois ont S. Ambroise, les Vénitiens S. Marc, les Rommains de nostre temps S. Pierre et S. Paul, et leur lieutenant. Je laisse les saincts qui ont donné leurs noms aux villes, comme S. Quentin, S. Disier, S. Denys, S. Agnan, S. Paul, S. Omer, qui se peuvent en Latin appeler (comme inssi les autres que je viens de nommer) tutelares tametiy ainsi qu'on dlsoit tutelares dit. Mais que pourra- QO inférer par ceste objection ? que les papicoles faians tenir à leurs saincts la mesme place que souloyent tenir les dieux du temps des payens, ont bien monstre q[ai]s avoyent aussi bonne opinion de leur suffisance ({lie les payens avoyent de celle de leurs dieux, quant à commandera toutes maladies, pour les envoyer ou les chasser, et quant à sçavoir tous mestiers (car les payens, encore qu'ils ne dissent pas que leurs dieux exerçoyent les mestiers, ils tenoyent pour tout asseuré qu'ils les sçavoyent). Mais la conséquence n'est pas bonne : car plusieurs entreprennent des besongnes lesquelles ils font puis faire à autres, ne les pouvans pas foire : comme ceux qui en Latin s'appeloyent reiemptores (i), encore qu'ils entreprissent de rendre one maison toute bastie, il ne sensuit pas qu'ils fussent charpentiers, et tailleurs de pierres, et massons, et couvreurs, mais ils accordoyent avec les uns et les autres de ce qui appartenoit au mestier de chacun, et se reposans sur eux prenoyent la charge de tout l'oeuvre. Je ne doute point que ces gros saincts tutélaires, patrons des villes, n'en fissent ainsi, et qu'ils ne mardiandassent avec chacun des autres saincts, qui estoyent petits compagnons, de la besongne qui estoit particulièrement de son mestier, ou de la charge à la-

(1) Redempior, tproXd^Coç, entreprenear, voy. Cic, Div., II, 21; Pline, H. N.y XXXVI, 55.

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