‹ Apologie pour Hérodote (volume 3)Chapitre 170 sur 221 · CHAPITRE XXXIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXIX

pelle meurdrier ce canivet duquel fut fiuct le coup. Or nous esbahirons-nous moins comment les hommes estoyent si brutaux que de prester l'oreille à une telle doctrine, quand nous considérerons en quelle réputation ils avoyent les auteurs d'icelle. Car quand les anges descendans visiblement du ciel , fussent venus leur annoncer quelque doctrine , ils n'eussent pu les recevoir en plus grande révérence qu'ils recevoyent on tas de meschans et abominables cafars, qui les paissoyent non de simples bourdes, mais de bourdes pleines d'impiété, et pires sans comparaison que toutes les Judaïques et Turciques. Et pour venir du général au particulier, c'est à dire, de plusieurs sortes de cafars venir à une, n^ sera-ce pas à la postérité matière de grande admiration d'ouïr dire qu'on déférait tant aux Cordeliers, voire à leur habit mesmement, qu'on le £aisoit porter quelqu'espace de temps aux petis enfans, à fin qu'ils pussent parvenir en aage d'hommes ? que les uns le prenoyent un peu avant que mourir, se sentans pressez de maladie : les autres, qui n'avoyent eu le loisir de le prendre devant, ordonnoyent par leur dernière volonté ^lu'ils fussent enterrez en iceluy? Et qui estoyent ceux qui usoyent de telle métamorphose? Les grans seigneurs autant ou plus que le commun peuple : voire jusques aux rois et empereurs. Bien estil vray que le conte de Carpi(i), ayant esté des derniers qui ont joué ce beau jeu, est demeuré seul en proverbe et en risée. On ne se contentoit de cela : mais

(t) • Albert Pic de Savoyc, comte de Carpi, général des années de François W, Toolut être mis en terre en habit de cordelier dans récite des Cordeliers de Paris. C'étoit la dévotion du tems. En i Sos et i5o3, Gilles Dauphin, général des Cordeliers, en reconnoissance ^cs bienfaits que son ordre avoit reçus du Parlement de Paris, accorda tant aux présidens et conseillers qu'aux autres ofGciers de 1« cour la permisuoQ de se faire enterrer en habit de cordelier. Voy. Sauvai, Ani.y II, 647. Il y a longtems que les moines amu^

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la plus part, en prenant leur habit et donnant corps il leur convent, y donnoit quand-et-quan< bien*;, en défraudant ses enfans, ou autres qui liroiiet divin et humain devoyent cstre héritiers quant .'i ceux qui s'olloycnt rendre Conieliers sorj-ce point aussi pour faire esionner ceux qui -v Jront après nous, de dire que puisque la phantasi prtniiit dese mettre de cesie religion, tant s'en quJl> s'en deussem conseiller àleursparens, que mi i;i pour y entrer il eust falu passer par dessus les très lit- leurs pire et mère, Us le devoyent faire? iin d'en attirer d'avantage, ils estoycnt si effrc

=uJi:ni L-* divw pir de jtmWiblH minaudiriii- Jean de Meua

Mait i'ung garti utarier ou un himlïerro, Combien qu'il lit ealt de>1oy*l cl pechierr», Leur veult eJIrt 1 II mort lirgei ou grini donnieres, Il mourm Cordclier ou il mourra pKhierres.

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