‹ Apologie pour Hérodote (volume 3)Chapitre 169 sur 221 · CHAPITRE ZXXIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE ZXXIX

Et son seulement le devoyent tenir ponr suspect, mais le devoyent totalement rejetter, voire en luy faisant toute sorte d*infamic, alors qu'ils le voyoyent se laisser manger aux bestes : comme plusieurs sçavent le chien barbet du feu magnifique Maigret (i) en avoir mangé quatre-vints pour un desieuner, et tous sans boire. Mais comment se fust-il revengé contre les chiens, quand il ne se pouvoit pas revenger contre les souris? Car ces petites bestioles ne se sont contentées de Tal- 1er souvent empoigner jusques dedans son armoire, mais ont bien esté si braves que de le prendre sur son autel, quand le prestre s'endormoit en son Mémento : ce que nous sçavons cstre avenu à S. Marie, et à Paris, au temple S. Marri (2). Ils devoyent (di-je) estre rendus plus sages par tels accidens, et discourir en leurs entcndemens combien ils estoyent loin de leur conte, d*attribuer divinité à un tel morceau de paste qui se laissoit ainsi gober par une souri (3) : mais au-contraire

(i) I Marot. Épigr.^ VI, qui est de Tannée i53o, parle d'un alchynii«tc «urnoinnié le Magnifique, lequel, soit dit en passant, aiant depuis embrassé la Réformation, se tenoit à Genève en 1 543. Voy. Huttorg de Beaolieu. p. 307 de sa Chrétienne Réjouissance. » Le Duchat. Fon bien, mais Marot ne donne pas le nom de cet alchimiste; noat ne connaissons que Louis Meigret, le grammairien, qui traitait Dea Aotels dignorant, d'âne, de sanglier, de docteur en jargonnerie, etc., ▼oy. Livet, la Grammaire française, 1859.

(3} n y a en France une trentaine de communes du nom de Sainte* Marie, dont la plus importante est Sainte-Marie en llle de Ré. Saint-Marri, à la parisienne, pour Saint-Merri.

Roi des François, plein de toutes bontez. Quinze iours a, ie les ai bien comptez. Et dc« demain seront justement sci/e.

Que ;o fus tait coiificre au dioccbc I>o sainct Marri, en régli»e sainct Pro't.

.Marot, Ep. XXII.

(*, I Une souri ou sori. car il vient do sorcx, mus. • Nicot. • .Sori, petit rat. • Monct. « Souri*, de S'tricc Sorex a ctc lait de ûpa;, et Csa; a tic tait de js. dit à I colique pour j;. c'cst-à-dirc un pourceau, ce qui a éti t'rc^-vcritahlcnicnl remarqué par le scholiastc de N...jnJrc. 1 .^lc^a^c. IrcV'tux cet il ciicoïc souri.

oyent folie à folie quand telles choses avt ^omnii: (pour esemple) a Lodève en Gascoi icu que la souri qui avoit mangé ce dieu, \e\ n: ouvrir les yeux à l'abus auquel on les e' , non seuEement ils ne laissèrent pour ce liribuer ^u\ autres morceaux de paste, ses comp tniit de divinité que paravani, mais canor souri, l'appelans Saincte Souri, Un pareil a ent fut veu pendant les derniers troubles q n France: car un certain gentilhomme mis nom duquel je fournîrois bien, si bcso nnt ouy sonner une clochette en un vîLa equel il passoit, demanda qu'elle signifioit : t enicnduqu'eir avertîssoit qu'on alloit lever die SC5 gens : 0 Hastons-nous pour esire au lev Heu. et luy servir de valets de chambre : qua loy, je luy porteray sa chemise blanche. ■ Esta . il empoigna ce gentil dieu, et le présenta à s< : des auditeurs de

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