‹ Apologie pour Hérodote (volume 3)Chapitre 191 sur 221 · CHAPITRE XXXIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXIX

les uns ont eu des grans Oanymedes, les autres des petis, et quand Mantuan en parle as vers alléguez ci* dessus, je ne sçay pas desquels il entend : mais cela sçay*îe bien, que le Ganymedes (i) du pape Jan Maria De monté, dict Jules troisième, estoit de la taille de celuy de Jupiter, et avoit aucunement le trait de visage (selon que les poètes Tout descrit), ce que je di pour l'avoir veu et contemplé à loisir, et mesmement une fois qu'il estoit à table avec son Jupiter. Mais on ne peut reprocher à ces dieux terrestres jupitrizans (c'est à dire imitateurs des actes de Jupiter) qu'ils se soyent dispensez en cest endroit d'une chose de laquelle ils n'ayent volontiers donné dispense aux autres aussi (voire à toutes sortes de gens), plustost que du mariage. Tellement que je croy que si les prestres, après que le mariage leur fut défendu, fussent venus d'un commun accord présenter une supplication à leurs sainctetez( en tenant la supplication en une main, et Toblation en l'autre) pour avoir recours au sexe masculin puisque on ne leur pennettoit user du féminin, ils n'eussent point esté esconduits. Et ce qui me conferme d'avantage en cest'opinion, est que nous lisons en la vie du pape Sixte nn, qu'il ottroya (2) à toute la famille du cardinal de S. Luce d'avoir la compagnie charnelle des

(i) • Innocentium quemdam adoUscentem quem olim in delitiis habmerat dum esset Bononiœ legatuSy in Cardinalium numerum ëdoptarU (quamvis reliqui illud factum improbarent, imo réclama" remt) et in domesticam consueludinem (tant cœlibes sunt rasi) rursus admisit. Ronue fama erat et libellis queque perscriptum fidt a Jove Ganymedem /operi, licet deformem. » Baleus, p. 5o6. Cf. Sleidtn, De statu religionis, 1. 2 1 .

(3) t Ce fait choque extréroemeat la Traisemblaoce Quelle

oécesaité y avait-il de dresser une requôte dans les formes et d'en ■neodre la réponse par écrit ? Ne suifisait-il pas de dire cela à Toreille et d'obtenir à Yoiz basse la permission, sans s'exposer à rendre témoins de son imprudence abominable plusieurs personnes ? Enfin 00 me persuaderait plutôt la vérité que la vraisemblance d'un tel

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masles, durant trois mois les plus chauds de l'annn Pareilleraeni ce qu'on lit en la vie d'Alexandre vi, qu'il permit à Pierre Mendoz^e, Espagnol, cardinal it Valence, de &ire son Ganymedes de son fils basurd nommé le marquis de Zannet.

Or outre ce que les gens d'église commettoyeni leun meschanceteï à la veue de tout le monde | comme il appert par ce que je vien dire, et par plusieurs «utrM passages de ce livre], it y a un autre point, c'est qu'ih se moquoyent euï-mesmes de plusieurs choses lesquelles ils faisoyent tenir au povre simple peuple pout articles de foy. Comme quand le pape Léon diiiéipe, ï un sien confesseur, qui luy remonstroit qu'il ne devoii rien craindre, veu qu'il avoit les cleh de paradis, et de tous les mérites de Christ et des saincts. fit response,

— ■ Voussçavez que celuyqui a vendu une chose, il n'y D ha plus rien ; ayant donc vendu aux autres paradis et • tout le reste, je ne doy pas faire mon conte d'y

■ avoir plus rien. » Ce mesme pape estant un jour repris par quelques cardinaux de son mauvais gouvernement et de sa meschanie vie, comme cetuy qui se seroit fort changé depuis estre créé pape, respondii,

— ■ Si je suis meschant, vous en estes cause : car voiu

■ m'aveï faict tel que je sois. ■■ Eux s'esmen'eillans de ce propos, et ayans demandé comment il l'entendoii,

— • C'a esté en me faisant pape » (dict-il|, n car il esi = impossible d'estre pape et homme de bien ensemble. • Ils faisoyent bien d'avantage : c'est qu'ils pro&noyent tant par leurs propos que par leurs actes ce qu'ils vouloyeni qu'on creust estre sacré: comme quand Jules 11 (i)

fait. ( Biylc, Dicl. kiji. |] n'y ■ poor mtoriu qui Bileni. Cent. Vlll. cap. L,qi" danae pour garaiii k line dt3 Induigmca pafalei, ic WnKi, de Groninguc; miit Crctter a prou'é que Wtnd a'ainl tien dit de «la, in Exam. ifysttrU Pleuiiaiii. p. S45.

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